Saturday, December 31, 2005

Parcours 2006

Pour cette nouvelle année, par de bonnes résolutions, mais un nouveau blog, consacré uniquement à la Bretagne et à la musique celtique. Un autre blog vient d'ouvrir, contenant des textes qui n'ont que peu de rapports avec la musique bretonne : Récits Libres, nouvelles et récits noirs.

Jérémie JOUAN.



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La musique bretonne sous l ancien regime

La monarchie bretonne, du Duché de Bretagne joua également un rôle important dans l’élaboration de la musique bretonne. Les chants épiques resurgirent. Avec le nouveau millénaire, ce fut l’heure de la matière bretonne : le roman de la Table Ronde , Tristan et Iseult. Les musiciens bretons parcouraient le monde européen.

Les vagues bretonnes

Avec le duc Jean IV, l’art en général et la musique en particulier prirent une dimension politique. Avec ce Duc, très fortement anglophile, ce fut le retour, par le même chemin que les premiers colons gallois, de la pensée des îles britanniques. La réforme de l’Etat donna une place de barde, aux musiciens qui glorifièrent la « bretonnitude » du peuple, forme de nationalisme, populaire (et précoce) qui devait éviter un rattachement, soit à la France , soit à la Grande Bretagne. Mais son règne fut bref. Si la Bretagne sut préserver longtemps ses croyances, et fut d’ailleurs évangélisée par la mer avec l’arrivée des colons gallois et non par la terre, en 1532, elle fut rattachée à la couronne de France. Elle conserva jusqu’à la Révolution de 1789 son Parlement et sa monnaie propre. L’enrôlement des bretons dans l’armée laissa beaucoup de traces, notamment dans les chansons bretonnes, où l’on parlait de Napoléon, de la Turquie et d’endroits que l’on ne connaissait pas et où l’on était entraîné.

Classification
La gwerz

C’est à partir de 1789 que la culture et la langue bretonnes commencèrent à décliner et à refluer progressivement vers l’Ouest. Paradoxalement, c'est au siècle suivant, plus exactement à la chute de Napoléon Bonaparte, que, devant l'avènement de l'ère industrielle, qui modifiait en profondeur la société, émergea un courant intellectuel d'opposition qui permit le romantisme. Initié par Théodore Hersart de La Villemarqué et son Barzaz Breiz, de nombreux collecteurs publièrent leurs ouvrages de collectages, parcourant la Bretagne à la recherche de la perle rare, de la gwerz (complainte) celtique par excellence, non corrompue par le temps. Ce faisant, ils répertoriaient un patrimoine qui, doucement, disparaissait, emportant avec lui une part de la mémoire collective humaine. Ce renouveau celtique, l'un des rares depuis le Moyen-Âge, à permettre à la Bretagne d'exporter sa culture, débuta en 1839 (première publication du Barzaz Breiz de Théodore Hersart de La Villemarqué ) pour se terminer au début du XX° siècle, avec Maurice Duhamel.

Origine de la Musique Bretonne

La musique bretonne, issue du monde bardique et celtique, connut de nombreux bouleversements au cours de son histoire, sans jamais perdre son essence, ni sa spécificité. L’ordre social ternaire des pays celtiques donnait une place importante aux bardes et aux druides. La musique servait l’état et la religion. Elle était aussi l’œuvre du peuple, se réappropriant les sonorités et adaptant les thèmes à son quotidien.

Elle tient ses origines tant des populations de Galles qui émigrèrent en masse entre le IV° et le VI° siècle, celtes elles aussi, que de celles d’Armorique, celtes continentaux. Cette musique est avant tout traditionnelle.

Si son instrumentation lui est quasiment propre, elle n’existe dans son état que par les autres musiques traditionnelles et contemporaines, essentiellement chinoises et orientales. Il semble bien qu’aucun contact direct n’ait eu lieu entre bretons et chinois, mais qu’entre ces deux peuples se dressa une route contrôlée par de nombreuses tribus, dont l’une des caractéristiques communes fut d’adopter l’Islam comme religion. Ainsi, le principe de cornemuse et de bombarde, inventé visiblement en Chine, fut adopté, une première fois par ces populations de la Route de la Soie (principe des flûtes turques identique à celui des bombardes), avant que les peuplades celtiques ne se l’approprient également, le développant avec originalité pour en inventer le biniou, la grande cornemuse et la bombarde.

La musique celtique préchrétienne ressemblait étrangement à celle d’aujourd’hui, dans son essence et ses possibilités de classification. Elle possédait des caractéristiques celtiques intrinsèques tant dans la musicalité, son instrumentation que dans son répertoire, dont les bardes étaient garants et auteurs et qu’ils enrichissaient suivant les charges que leurs fonctions exigeaient. L’arrivée du christianisme en Bretagne, apporté par ces émigrants gallois, alors appelés bretons (de Grande Bretagne), sans supprimer l’héritage précédent (même si rien ne fut fait pour le conserver), ajouta au répertoire rural de nouveaux genres musicaux. Les chants religieux se mirent à la mode bretonne et augmentèrent l’étendu de ce savoir paysan.

Les nobles quant à eux délaissèrent progressivement, durant le Moyen Âge, une partie de ce patrimoine, s’ouvrant aux troubadours et aux différentes entités politiques de l’époque. Se faisant, ils élargirent davantage le panel breton, déjà enrichie de ses influences celtiques constantes, transmanche et avec l’Espagne.

Musique bretonne dans les annees 30

La première guerre mondiale vit la région la plus peuplée de France perdre deux fois plus de jeunes hommes que dans toutes les autres régions. Cette guerre désorganisa complètement la société bretonne qui, progressivement, et avec l'aide d'un état jacobin, abandonna sa culture, ses conceptions, ses traditions pour adopter celles de la République. La seconde guerre mondiale, et dans une moindre mesure la guerre d’Algérie, accentua les effets destructeurs sur la musique bretonne et la langue bretonne. Le colportage des chansons bretonnes put se faire par les femmes, mais la musique bretonne, jouée exclusivement par les hommes et transmise oralement, eut quant à elle à subir d’irrémédiables pertes. Ce n'est qu'à partir des années 40 et surtout dans les années 1950, qu'une poignée d’hommes, dont Polig Monjarret, fondèrent l’Assemblée des Sonneurs ( le BAS ), remettant au goût du jour dans les villages les musiques et instruments traditionnels bretons. Une nouvelle révolution était en marche, il s’agissait du premier élément structurel de la musique bretonne. Les romantiques importèrent d’Ecosse la grande cornemuse, les tambours et les caisses claires, pour les marier aux traditionnels binious et bombardes bretonnes. Les commandements martiaux en breton réglèrent l’ensemble, on créa des gammes tempérées : les Bagadoù naissait, formation acoustique la plus puissante de la planète.


Les vagues bretonnes
Formations
Danses
Fêtes


En parallèle, les sonneurs de couple (biniou bombarde) perpétuèrent la tradition des itinérants, célébrant mariages et courses de chevaux, et évoluèrent vers de nouveaux instruments tels que l’accordéon, apparu dans les années 20 et balayant à l’époque la vielle et le violon. La grande tradition des chanteurs bretons fut également toujours très présente dans le kan diskan, chant où l’un répond à l’autre en lui répétant ce qu’il vient de dire selon un principe de tuilage musicale, et la gwerz (complainte).

Le revival breton

Dans les années 60, le bagad des scouts loups de mer (Bleimor) regroupa un bagad, des cours de langue celtique, et un ensemble de harpes celtiques, réinventées par un certain Jord Cochevelou. Son fils Alan Stivell, joueur de harpe et également sonneur de cornemuse et de bombarde, grand amateur de rock, passa à la télévision, et remplit l’Olympia en 1972 : c’était le réveil de la culture celtique, le premier revival. Des groupes se formèrent un peu partout, mêlant le traditionnel au rock électrique. Ce que l’on considéra être la première vague bretonne venait de naître, en Février 1972, lorsque le concert à l’Olympia, diffusé en direct devant plusieurs millions d’auditeurs, permit à une grande part des français de découvrir ce qu’était la nouvelle musique bretonne.

Le premier revival breton
Formations
Danses
Fêtes

L’Irlande des années 70 allait également très fortement influencer la Bretagne par sa musique, notamment par l’introduction du bodran (tambour traditionnel) et de nombreux stages et rencontres.
S’affranchissant des frontières, des musiciens et chanteurs tels que Erik Marchand ou Jacky Molard trouvèrent des similitudes musicales également dans des pays plus lointains tels que les Balkans. La flûte ne constituant pas un instrument traditionnel, les influences turques (flûte oblique), et les phrasés orientaux des musiques d’Inde ou des shakuachis japonais contribuèrent fortement aux ouvertures amenées notamment par le flûtiste Jean-Michel Veillon.

Les styles musicaux

La création musicale consistant à embrasser d’autres influences sans pour autant dénaturer la musique, démarra au milieu des années 80, par la naissance de grands artistes et groupes tels que Gwerz ou Den , groupes qui a leur tour furent source d’inspiration pour les nouveaux talents d’aujourd’hui que nous vous invitons à découvrir sur notre site !

Musique Bretonne Contemporaine

Succédant à la folle décennie des années 70, qui avait vu la musique bretonne pour la première fois à l’honneur, depuis plus d’un siècle et un certain Théodore Hersart de La Villemarqué, les années futuristes, de 1981 à 1993 affectèrent profondément la création bretonne. La plupart des musiciens de musique bretonne se reconvertirent. De temps à autres, quelques productions parvinrent à sortir du lot, mais globalement, tant la production musicale que scénique souffrirent d’une désaffection du public.

Le romantisme breton
Formations
Le second revival

Il fallu attendre 1993, pour qu’un album au titre prémonitoire n’annonce la nouvelle génération, pas si nouvelle finalement. Again, compilation rassemblant un panel du travail d’Alan Stivell des années 70 à 80, suscita un nouvel l’intérêt chez le public, qui très rapidement se réappropria la création bretonne dans son ensemble. Entre 1991 et 1995 une constellation d’expériences musicales innovantes s’imposa. En l’espace de 4 ans renaissaient les ténors de la culture bretonne. Gilles Servat faisait un retour remarqué avec l’Albatros Fou, Dan ar Braz fondait l’Héritage des Celtes, Yann Fanch Kemener et Didier Squiban inventaient un duo de légende, Manu Lann-Huel revenait avec de superbes enregistrements. De nouveaux talents apparaissaient, qui à leur tour révolutionnaient la musique bretonne, lui apportant un nouveau souffle, l’énergie nécessaire pour résister plus d’une décennie. Le premier, Denez Prigent connecta la musique bretonne aux expériences technologiques modernes, tout en conservant l’âme de ces deux musiques, Annie Ebrel, Noluen Le Buhé, Marthe Vassallo féminisèrent cet univers musical plutôt masculin, le fusionnant également à d’autres mondes musicaux. La fin des années quatre-vingt-dix, tout comme le furent celles des années soixante-dix, aboutirent à une explosion exponentielle du nombre de groupes. La Bretagne devenait la deuxième région en production de disque, après la région parisienne. Et d’importants rassemblements ponctuaient la saison musicale bretonne tels l’Interceltique de Lorient, Les Nuits Celtiques du Stade de France, Le Festival de Cornouailles, et offraient une tribune plus large aux formations de musique bretonne.

Les festivals bretons
Les danses bretonnes
Les fêtes bretonnes

De plus en plus, la musique bretonne s’ouvre aux sonorités du monde entier, se métissant et s’enrichissant de nouveaux horizons. Des voix extraordinaires, telles que Yann Fanch Kemener, Annie Ebrel ou Denez Prigent, mêlent leurs accents traditionnels à tous les types de musiques, jazz (Jacques Pellen, Celtic Tales, Niou Bardophones, Roland Becker), classique (Arz Nevez, O’Stravaganza, Didier Squiban, Yann Fanch Kemener, Duo Molard Manzano), rock (Celtas Cortos, Gwenc'hlan, Armens, Matmatah), ou électro (Denez Prigent, Anjel IK, Stock An Dans) et les fusions musicales nées de l’ouverture au monde de cette musique bretonne se font avec richesse vers l’Afrique (Trompettes du Mozambique, Erik Marchand), Les Antilles (Carré Manchot & Akiyo Ka), la Kabylie (Mugar, Thalweg, Lila Noz, Tayfa), les Balkans (Erik Marchand, Patrick Molard, Bagad Kemper), le Maghreb (Alan Stivell), la Chine (Denez Prigent sur Sarac’h, Dour Gönpo)… La musique bretonne a su préserver son identité et ses racines tout en évoluant et se modernisant. Elle est à ce jour un courant musical reconnu et apprécié des 4 coins du globe.

Us et Coutumes en Musique Bretonne

La musique bretonne a toujours accompagnée la vie des bretons. Elle est présente à tous les niveaux de la vie et sert chacun d’eux.

La musique au travail est l’élément structurant l’effort. Outre son rôle entraînant et divertissant, il sert de base rythmique pour que les gestes de chacun coïncident au bon moment, dans la même direction. Cela se voit dans le chant de marins, mais également dans les chants de travaux des champs. En fonction de l’entreprise menée (battage, semence, moisson, ramassage de pomme de terre…) le chant est adapté à la régularité nécessaire pour l’accomplir.

Chants de marins

Les chants de marche tiennent également une place importante dans le quotidien. Lors de déplacement, il est possible de mesurer la distance à parcourir en fonction de la chanson interprétée par le marcheur. Il se disait autrefois qu’il fallait chanter deux fois Ar Bambocher pour parcourir telle distance. Ce chant avait également un rôle social, dans la mesure où il annonçait à l’encan la venue du marcheur, que la tonalité de sa voix précédait.

Gwerz

Les chants aux veillées, principalement composés de gwerzioù et sonioù, participaient à l’information, l’éducation et au divertissement, comme le fait, malheureusement et avec moins de goût, la télévision aujourd’hui.

Les chants de taverne, pendant masculin des chants religieux, puisque très souvent ils étaient entonnés aux mêmes moments, sont également la marque d’une certaine gaieté de la population bretonne.
Les chants religieux, quant à eux, témoignent parfaitement du rôle central de l’église en Bretagne ces seize derniers siècles. Eux même répartis en sous-groupes, ils correspondent, en version bretonne, aux chants religieux des pays catholiques.

Cantique

Enfin, les chants d’éducation, si l’on peut les nommer comme cela, comprennent les chants pour enfants (comptines) ou les chants pour apprendre à chanter (chants mnémotechniques, ritournelles…). C’est par ces chants que la vie artistique de tous bretons commençait.

La Bretagne unifiee

Si cette renaissance, qui se fit avec retard dans l’ouest, elle ne fut pas homogène sur le territoire français, et ne permit pas non plus à la culture bretonne de se maintenir au niveau aristocratique. En Bretagne, la renaissance, celle du XVI°siècle, consécutive au rattachement de la province (et donc au retour de la paix), fut une exaltation de la matière bretonne, mais ce fut la seule à rester relativement imperméable aux idées latines. Elle se traduisit notamment en architecture par de magnifiques monuments, tel le Calvaire de Tronoën (29).

Les problèmes sociaux et économiques de la région eurent finalement raison de ce nouvel élan culturel qui s’épuisa vers la fin du siècle.

Il fallu attendre 1690 et la publication des poèmes d’Ossian pour qu’à nouveau la matière bretonne reparaisse, auréolée de son ancestralité et de son originalité. Mais, cette opportunité ne permit pas à la Bretagne de promouvoir longuement sa spécificité. C’est le domaine social qui prit le pas, entraînant sa vague de jacqueries, et le mépris des lettrés pour cette expression populaire incompréhensible.

Le Roman Courtois

Si la Bretagne a longtemps brillé dans l’économie européenne, grâce notamment à ses matelots et à son commerce du sel, son rayonnement culturel n’a connu que quelques brefs apogées. Le premier d’entre eux se fit au tournant du premier millénaire, sous la féodalité vieillissante et mourante. C’est tant pour ranimer cette flamme chevaleresque que pour exacerber l’imaginaire contemporain que naquît en 1225 le Roman de la Table Ronde, somme des textes et poèmes écris aux siècles précédents. Dès sa parution ce roman subjugue l’Europe et s’empare de toutes les cours. La mode bretonne est à l’honneur et chaque duché, chaque royaume se doit d’avoir ses propres musiciens bretons, sa vision post-celtique du monde mourrant.

Les origines de la Musique Bretonne
La Musique Bretonne sous l'ancien régime
Geographie de la Bretagne

C’est en effet dans les dernières années du Moyen-Âge que l’esprit celtique qui avait tant marqué l’Europe disparu de manière quasi définitive, laissant place à la renaissance et à la redécouverte de nos origines latines et grecs (plus exactement de la trace laissée par l’empire romain, puisque la France était gauloise, par conséquent proche du monde celtique). En Bretagne, le Duc Jean IV donne à la culture bretonne ses premières lettres de noblesse en l’instrumentalisant pour asseoir son pouvoir vacillant, grâce un phénomène nationaliste (auquel participait la musique bretonne), qui arriva, malheureusement pour lui, seulement six siècles plus tard).

Mais cette renaissance, qu’accompagna la fin du féodalisme et surtout la fin de la guerre de cent ans, guerre fratricide entre nations « celtiques », acheva cette première vague bretonne. La mode était à l’italien, avec Léonard De Vinci, à la lumière dans l’art et non plus aux tempêtes métaphysiques et ombrageuses des celtes.

Le premier revival

C’est heureusement grâce au travail de Polig Monjarret, Loeiz Ropars et quelques autres qu’une reprise de conscience eut lieu à la fin des années quarante. Un long travail de dépolitisation et de réappropriation de la culture se mit en marche, soutenu par des artistes comme Alan Stivell. Mais l’époque de reconstruction n’était pas à la réminiscence celtique.

Fest-noz
Bagad
Le Revival Breton

Mais la société de consommation américaine atteignit une première fois ses limites vers la fin des années soixante et notamment l’année 1968, où, presque partout dans le monde, les consciences politiques s’éveillèrent et des peuples se levèrent (mai 68 en France). L’idée que les biens matériels n’apportaient aucun bonheur particulier, mais au contraire, contribuaient, par le manque qu’ils produisaient, aux malheurs des peuples, se traduisit soudainement par un retour à la terre. Les babas cool débarquaient traçant de nouveaux sillons culturels. C’est profitant de cette vague humaniste sans précédent, qu’avec génie, Alan Stivell, modernisant la musique en l’électrifiant, permit en février 1972 à la musique bretonne de sortir de son ghetto et de se mondialiser en quelques années. Son concert à l’Olympia fut retransmis en direct, à la radio, devant un bon tiers de la population française. Aux cotés de Gilles Servat et d’Alan Stivell arrivèrent de nombreux musiciens, tels Dan ar Braz, les frères Patrick Molard, Dominique Molard et Jacky Molard, Mélaine Favennec, Manu Lann-Huel et bien évidement les Tri Yann… Cette nouvelle génération donnera à la région un élan, sans commune mesure, proche de celui qu’apporta Hersart de La Villemarqué cent quarante dans plus tôt.

La Musique Bretonne sous l'ancien régime
Le collectage

Comme à chaque expérience de ce type, l’épopée de ce revival prit rapidement fin. Dès 1979, les ventes et l’engouement déclinèrent progressivement pour s’éteindre quasiment en 1981. La décennie quatre-vingt, plutôt futuriste dans ça conception ne laissait plus aucune place aux cultures traditionnelles. Seules quelques rares productions réussirent le pari de sortir du lot et de se vendre, comme Barzaz, Den ou Gwerz, mais elles restèrent néanmoins très confinées dans l’ouest.

Le premier revival

C’est heureusement grâce au travail de Polig Monjarret, Loeiz Ropars et quelques autres qu’une reprise de conscience eut lieu à la fin des années quarante. Un long travail de dépolitisation et de réappropriation de la culture se mit en marche, soutenu par des artistes comme Alan Stivell. Mais l’époque de reconstruction n’était pas à la réminiscence celtique.

Fest-noz
Bagad
Le Revival Breton

Mais la société de consommation américaine atteignit une première fois ses limites vers la fin des années soixante et notamment l’année 1968, où, presque partout dans le monde, les consciences politiques s’éveillèrent et des peuples se levèrent (mai 68 en France). L’idée que les biens matériels n’apportaient aucun bonheur particulier, mais au contraire, contribuaient, par le manque qu’ils produisaient, aux malheurs des peuples, se traduisit soudainement par un retour à la terre. Les babas cool débarquaient traçant de nouveaux sillons culturels. C’est profitant de cette vague humaniste sans précédent, qu’avec génie, Alan Stivell, modernisant la musique en l’électrifiant, permit en février 1972 à la musique bretonne de sortir de son ghetto et de se mondialiser en quelques années. Son concert à l’Olympia fut retransmis en direct, à la radio, devant un bon tiers de la population française. Aux cotés de Gilles Servat et d’Alan Stivell arrivèrent de nombreux musiciens, tels Dan ar Braz, les frères Patrick Molard, Dominique Molard et Jacky Molard, Mélaine Favennec, Manu Lann-Huel et bien évidement les Tri Yann… Cette nouvelle génération donnera à la région un élan, sans commune mesure, proche de celui qu’apporta Hersart de La Villemarqué cent quarante dans plus tôt.

La Musique Bretonne sous l'ancien régime
Le collectage

Comme à chaque expérience de ce type, l’épopée de ce revival prit rapidement fin. Dès 1979, les ventes et l’engouement déclinèrent progressivement pour s’éteindre quasiment en 1981. La décennie quatre-vingt, plutôt futuriste dans ça conception ne laissait plus aucune place aux cultures traditionnelles. Seules quelques rares productions réussirent le pari de sortir du lot et de se vendre, comme Barzaz, Den ou Gwerz, mais elles restèrent néanmoins très confinées dans l’ouest.

Le romantisme breton

Les bouleversements de la révolution, s’ils pouvaient donner une chance inouïe aux bretons, ne furent pas assimilés à temps et l’élan révolutionnaire parti de l’ouest, revint dans cette région, l’esprit légèrement dénaturé et jacobin par rapport aux sentiments premiers. Avec la chute de Napoléon et la première révolution industrielle, le romantisme s’imposa en contre-courant de la pensée économique contemporaine et industrieuse. Aux machines et au charbon répondirent les ruines antiques et les civilisations perdues. Evoluant dans un cercle intellectuel breton, Théodore Hersart de La Villemarqué (Kervarker) publia, en 1939, la première édition de son livre, le Barzaz Breiz (Barzhaz Breizh). Ce livre provoqua un raz de marée romantique, propulsant pour la première fois hors de ses frontières la culture bretonne. Présentant son œuvre comme le témoin d’une civilisation, mère des civilisations, et cependant mourante, La Villemarqué lança une mode durable. Son Barzaz Breiz fut réédité plusieurs fois, jusqu’en 1867 (dernière édition retravaillée de La Villemarqué). Au même moment, alléchés par cette découverte, de nombreux érudits allèrent, à leur tour, faire part de leurs connaissances : De Luzel à Le Braz, de nombreux collecteurs firent ainsi publier une grande partie de la mémoire vivante bretonne, lui offrant, sans s’en rendre compte, une certaine immortalité. Bien que ces travaux et notamment ceux de La Villemarqué furent très critiqués, jusqu’au dégoût de l’œuvre, cette vague portait en elle-même le germe des suivantes. C’est avec Maurice Duhamel qu’elle prit fin, avant la première guerre mondiale. Cette guerre, particulièrement meurtrière à l’égard des jeunes bretons, transforma profondément la société traditionnelle. Entamant son travail de déculturation, l’Etat, par son soucis de francisation, d’homogénéité nationale, permit la mise à mort de cet univers dont, aujourd’hui, les locuteurs ne se comptent plus que par milliers, lorsqu’ils étaient plusieurs millions un siècle plus tôt.


La Musique Bretonne sous l'ancien régime
Le collectage
Géographie de la langue bretonne


C’est en 1920 que les prémisses du revival des années soixante-dix se firent sentir. Avec l’apparition du nationalisme breton structuré, politique et militaire (premiers attentats bretons en 1932) émergèrent une nouvelle conscience bretonne, bien plus virulente que la précédente, rejetant le romantisme. Cette "prise de conscience", cependant bien timide, ne prendra son envol qu’à la veille de la seconde guerre mondiale, pour s’éteindre immédiatement après, pour des dérives ayant eut lieu durant cette guerre.

Le Second Revival

Serait-ce, comme mille ans auparavant, la peur du millénaire qui amena un certain Alan Stivell à renouer, en 1993, avec le succès sur l’album Again ? En cette année d’incertitudes politiques, ce succès allait provoquer un électrochoc dans l’ouest et en France. En l’espace de deux ans, par moins de quatre formations tinrent le haut du pavé et s’imposèrent sur la scène européenne et internationale. Outre Stivell, la naissance de l’Héritage des Celtes de Dan ar Braz propulsa cette musique au firmament commercial. Le duo Kemener – Squiban fusionna dans une parfaite harmonie le jazz et la musique bretonne traditionnelle et l’arrivée de Denez Prigent et de ses expériences électroniques sonna également la charge de la fusion.

La Musique Bretonne contemporaine
Musiques Evolutives
Musiques Métissées

Le premier revival s’était essentiellement reposé sur la vague baba cool, se contentant d’un folk de moins en moins maîtrisé, au fur et à mesure de l’accroissement du nombre des formations musicales. Le second, quant à lui, eut la bonne idée de faire sortir la musique bretonne de son ghetto, de la marier à de nombreuses expériences (jazz avec Squiban, Roland Becker, Jacques Pellen ou les Niou Bardophones, métissées avec Carré Manchot, les Trompettes du Mozambique, Mugar ou Thalweg, classique avec Marthe Vassallo, Kemener Ripoche et Tri Yann & ONPL…) et de la propager à travers un réseau en construction, celui des musiques du monde. C’est ce second revival, que nous connaissons aujourd’hui et qui pour une fois, a su passer la barre de sa première décennie, en produisant à chaque instant de nouvelles expériences, en se digérant et en se réinventant en permanence. De l’acquis renaît désormais son avenir et de sa capacité à se repenser tient sa longévité. La musique bretonne a souffert, un temps, du complexe breton (je vous invite à lire Morvan Lebesgue pour en comprendre le sens profond), né de l’infériorité supposé de ce peuple, dû au fait qu’il ne fut pas touché par la première industrialisation, que sa langue et ses coutumes différaient et qu’à la veille de la reconstruction il semblait toujours aussi arriéré. C’est cette chance d’avoir été épargnée par les investissements industriels du XIX° siècle, qui a permis à la Bretagne de prendre son élan et de prolonger jusqu’au milieu du XX° siècle la transmission orale, n’ayant ni friches, ni bassins industriels moribonds à digérer. Ce faisant, les artistes et sympathisants bretons, qui représentent la société dont ils sont le miroir, suivant la même évolution, ne seront eux parvenu qu’avec le second revival, à pérenniser la diffusion de leur patrimoine et à conserver, en éveil, l’intérêt constant du public.

Classification de la Musique Bretonne

La classification de certaines œuvres musicales bretonnes reste complexe. Suivant les collecteurs ou érudits ayant abordés le sujet, certains thèmes se retrouvent dans différents registres. Cela s’applique notamment dans la distinction entre gwerz et sone. On retrouve également ce problème, depuis les deux revivals, dans le style, ou il peut parfois sembler délicat de définir si tel album est évolutif , fusionné ou métissé.

La musique Bretonne
Le Revival Breton

De manière commune, la gwerz renferme les chants dramatiques, tragiques, les complaintes, les chants épiques, historiques et le sone, les chansons lyriques, sentimentales, poétiques. Or la frontière, ici établie, n’est pas évidente dans tous les thèmes, modifiant les index de classement suivants les recueils de collectage.

Collectage

Enfin, les deux Revivals ont contribué à l’évolution de la musique bretonne vers un univers éclectique, où toutes les tendances, toutes les origines se retrouvent. Il est par conséquent bien difficile de classer l’œuvre de chanteurs comme Erik Marchand, Annie Ebrel, de musiciens comme Roland Becker ou Jacques Pellen.

Gwerz bretonne : diffusion

Dans son ensemble et avant le XIX° siècle, la gwerz, tout comme les chansons que l’on entend à la radio, amélioraient le quotidien. Souvent vendues sur feuilles volantes (à partir du XIX° siècle et de la généralisation de la scolarisation, évidement), accompagnées d’une mélodie, les gwerzioù (pluriel de gwerz) avaient également une « vocation de presse » dans la transmission et la dispersion géographique des nouvelles importantes dignes d’être mises en chanson.

Dans une société rurale comme l’était la Bretagne, il est à noter que la gwerz était aussi l’instrument de la pauvreté. Cette civilisation post-celtique, basée sur la fraternité, l’assistance et la solidarité, utilisait la gwerz comme vecteur de partage. Une des manières de « payer son dû », de remercier d’une aumône, consistait pour les mendiants à chanter une gwerz, ce qui du même coup participait à son extension géographique, et donc, finalement à sa survie.

Géographie
Géographie de la musique bretonne

Tout comme les chants à danser, danses et dialectes, les gwerzioù se répartissent géographiquement dans les différents pays bretons et leurs variantes témoignent de cet attachement local et de leur histoire.

Gwerz bretonne : definition

La Gwerz est une part importante de la musique bretonne, tant au niveau des messages qu’elle véhicule que des accompagnements musicaux qui la souligne. La gwerz regroupe une multitude de chants, historiques, épiques, politiques, dramatiques…

Héritière de la tradition bardique des celtes, la gwerz rassemble, aux cotés des événements quotidiens, les grandes fresques fondatrices de l’identité bretonne, du moins dans ce que la tradition orale nous a transmis jusqu’à ce jour.

Alors que le kan ha diskan, musique de fête, sert la danse et accompagne les joies sociales ou privées, la gwerz, musique de veillée, sublime la dimension populaire et façonne l’identité rurale des bretons. Egalement chantée lors de festoù-noz, la gwerz est la voix du peuple, la « radio humaine » de l’époque.

Fêtes
Veillées

Et comme les chants de guerre, les musiques militaires, la gwerz participe à l’histoire, en décrivant ponctuellement les émois des générations précédentes (Gwerz An Titanic, Gwerz Penmarc’h), ou par un rôle politique (An Alarc’h, Gwerz Maro Pontkallek…).

Le Sone Breton

Le sone, autre genre musical breton, est le pendant de la gwerz, pour les domaines que n’explore pas cette dernière, à savoir les récits amoureux, poétiques ou divertissants. Selon François Marie Luzel, cette classification regrouperait essentiellement les thèmes à dimension lyrique ou satyrique, les autres étant répartis en gwerz, comptine, chant à danser ou cantique.

La Musique Bretonne
La Musique Bretonne sous l'ancien régime

Il est parfois délicat et très difficile de classer avec précision des thèmes dans l’une ou l’autre de ces catégories et il n’est pas rare de repérer ces différences chez les collecteurs. Le sone ne comprend pas les chants à caractères historiques (même s’il ne s’agit que d’histoires purement locales).

Ce genre poétique fut aux cours des siècles le moyen d’expression que se réservaient les clercs et autres lettrés, laissant au bon peuple le soin de glorifier son quotidien dans les gwerzioù (la différence entre clercs, lettrés et paysans n’étaient pas particulièrement marquée et tous ont contribué à l'essort des deux styles musicaux).

Ces thèmes poétiques respectent, dans leur grande généralité, les principes fondateurs de la poésie bretonne, même si, au furent et à mesure ces derniers furent aplanis et simplifiés (la poésie ancienne de Bretagne était particulièrement construite et rendait très technique sa bonne utilisation). Avec des rîmes « à la bretonne » interne, à la césure et externe, en fin de ver, avec une rythmique toute particulière, la composition des sonioù (pluriel de sône) restait un art de gens de bonnes conditions. Ces dernières, cependant, étaient colportées comme les gwerzioù et servaient l’univers poétique régional.

La Gwerz Bretonne

C’est par ces différences géographiques que les premiers collecteurs officiels du XIX° siècle, Théodore Hersart de la Villemarqué en premier, mais également François Marie Luzel ou Anatole le Braz, pour ne citer qu’eux, furent surpris par certaines gwerzioù. Les Vêpres des Grenouilles ou Les Séries survécurent, essentiellement grâce à leurs dispersions, et aux nombreuses variantes, que l’éloignement du bassin d’origine provoquait et qui finalement la conservèrent. L’étude de Jean-Jacques Boidron sur ce thème, outre sa richesse et son grand intérêt, permet de comprendre l’héritage actuel de ce patrimoine (in Gousperoù ar Raned ha Gouspered ar Rannoù, Jean-jacques Boidron, Coop Breizh).

Le romantisme breton
Géographie de la musique bretonne

Au cours des siècles, de très nombreuses gwerzioù furent écrites, transmises, dispersées. Et à chaque fois, des variantes furent créées pouvant parfois remplacer l’original, disparu entre temps. Entre le IV° et VI° siècle de notre ère, lors de la « grande invasion », ou de la colonisation de l’Armorique par les bretons de Grande-Bretagne, de nombreuses gwerzioù, descendantes des épopées celtiques furent christianisées et, souvent, leur sens premier fut masqué par un maquillage religieux peu homogène. C’est ainsi que certaines gwerzioù en ont perdu jusqu’à leur sens premier pour devenir autre. C’est le cas des Séries, texte très ancien qui aurait subit "des dégâts" lors de sa christianisation ou de la gwerz KerYs, dont l’objet ne semble plus correspondre à la volonté de départ. Cette dernière gwerz, racontant les péripéties de Dahut et de son père, le Roi Gradlon de Cornouaille et de l’intervention de l’ecclésiastique Gwenole, semble détournée de son sens profond, qui pourrait, de manière bien plus poétique, témoigner de la fin de l’Armorique, et de l’avènement de la Bretagne, comme nouvel élément politique, ethnique et social. En effet, lors de cette transformation de deux siècles, les Armoricains, non chrétiens furent submergés en nombre par les bretons de Galles fuyant l’avancée anglo-saxonne, et les nouveaux colons importèrent leur religion, leurs traditions, héritières de l’empire chrétien de Rome et de leurs origines celtiques insulaires et taxèrent de païens, bien évidement, les tenants pourchassés de l’ancienne religion interdite. La fin des druides et bardes armoricains se produisit entre les VI° et VII° siècles de notre ère (voir également la Prophétie de Gwench’lan).

Musique Bretonne

La gwerz reste aujourd’hui l’un des vecteurs les plus usités pour la promotion de la musique bretonne, tant par sa musicalité que par l’émotion qu’elle dégage, même si sa portée symbolique n’est désormais plus comprise de ses auditeurs.

Musique bretonne a danser

Pendant musical du kan ha diskan, support aujourd’hui de la gwerz du sone et des évènements religieux, la musique à danser était traditionnellement l’apanage du couple de sonneurs, bombarde biniou. Les mélodies interprétées étaient une alternative au chant.

A mesure que la Bretagne s’ouvrait aux autres cultures, ces couples se sont diversifiés, jusqu’à devenir d’immenses formations (tel l’Héritage des Celtes de Dan Ar Braz, La Celtic Procession de Jacques Pellen). Si le couple traditionnel reste présent dans les festoù-noz (pluriel de fest-noz) et les mariages ou rassemblements populaires (manifestations politiques, sportives, locales), son image s’est considérablement rajeunit au cours de la seconde moitié du XX° siècle, sous l’impulsion de Polig Monjarret, puis d’Alan Stivell et enfin des musiques actuelles.

Le premier revival
La Musique Bretonne contemporaine

L’arrivée de nouveaux instruments, le désir d’évasion de la musique bretonne ont contribué aux changements de ces formations. A la recherche de nouveaux espaces sonores (Duo Dan Ar Braz et Patrick Molard, Duo Kemener Squiban, Duo Patrick Molard Manzano ou le Duo Jean-Michel Veillon Yvon Riou), s’est ajouté le désir de fusion de la musique bretonne avec d’autres cultures. C’est ainsi que, réunissant des musiciens iraniens et indiens, Erik Marchand lança son trio, que Denez Prigent fit appel aux ordinateurs pour créer de nouveaux sons.

Les vagues bretonnes
Le revival breton
Le second revival

Des groupes tels que Skolvan parvinrent même à faire du chant un accompagnement de la musique, traduisant, par l’interprétation, les caractéristiques du Kan ha Diskan.

Kan ha diskan

Ce style musical doit son origine aux principes traditionnels en musique. Basé sur des rythmes binaires ou ternaires, généralement combinés, il est le support de la danse bretonne. Ces combinaisons vont, par ailleurs, donner leurs caractéristiques à chaque danse, puisque les pas des danseurs, associés à ces temps, vont amplifier la rythmique de l’ensemble.

Danse
Plinn
Gavotte
En dro

Traditionnellement chanté a capella, le kan ha diskan va, au cours de la seconde moitié du XX° siècle subir de légères transformations, lui offrant entre autre la possibilité d’un accompagnement musical (que l’on retrouve chez Loened Fall), ou devenir récitatif chanté en solo, comme le montre la production de Denez Prigent, par exemple.

Fêtes
Fest-noz

A l’origine, ce que l’on retrouve en fest-noz, le kan ha diskan rassemble un minimum de deux chanteurs, le premier appelé kaner (ou chanteur) et le second diskaner (ou déchanteur). Dans certaines formations, le nombre de diskaner peut-être plus important (voir Les Sœurs Goadec, les Frères Morvan, Les chanteurs de Pluvigner…).

Kan ha Diskan : technique

Le kaner est celui qui mène la danse, non qu’il danse lui-même, mais il garantie le rythme et la solidité de la formation. Il entame le premier vers, qui sera ensuite repris pas les diskaners, avant que le kaner, à son tour, n’entame le second vers, qui sera repris de la même manière. Afin de conserver le rythme, qui est le moteur de la danse, l’alternance des voix se fait selon un principe de tuilage : le diskaner va commencer à chanter sur la dernière syllabe du kaner et poursuivre avec la répétition du vers en cours. Le kaner, reprendra le vers suivant en partant de la dernière syllabe du diskaner et ainsi de suite. Ainsi, le rythme se transmet de chanteurs à chanteurs.

Kan ha diskan
Fest-noz
Danse

Dans certaines danses, le plus souvent communautaires, les kaner et diskaner vont, avant d’entamer leur danse, faire un appel à la danse. Comme avec un vieil électrophone électrique que l’on rebranche soudainement, les premiers échanges seront lents et monophoniques, puis à mesure que les danseurs se mettent en place, la mélodie et le rythme vont rapidement s’imposer, annonçant le départ de la danse. Cet appel à la danse est généralement constitué d’onomatopées, sa fonction n’étant pas de renseigner sur le contenu du thème joué, mais bien de rassembler les danseurs, de leur indiquer également le type de danse communautaire qui sera joué, en fonction du rythme qui progressivement se déclare. C’est que l’on retrouve sur les danses plinn, fisel, gavotte

Cantique breton

Sous l’influence de l’église, comme dans toutes les régions religieusement dominées, les cantiques prirent une place importante dans l’univers religieux et quotidien. Sa fonction première, de louanges divines, avait pour but de témoigner de la foi et d’attirer les grâces du ciel sur la communauté qui les interprétait. Etait-ce sa fonction première ? Car l’une des fonctions principales de ces chants était double, d’une part, permettre la compréhension du dogme par le peuple, puisque le cantique, contrairement à la messe, pouvait se chanter en langue régionale, d’autre part achever toute trace de l’ancienne religion déposée, par la reprise de ses chants canoniques et leur refonte suivant le nouveau dogme.

Styles musicaux
Musique-sacrée et classique

Car tout comme les menhirs, les gwerzioù, les contes, légendes et autres traditions, ces chants purement religieux devait assurer l’attachement à l’Eglise, sublimer la foi locale et surtout impressionner, par l’effet que pouvait produire certains de ces chants sur des assemblées transcendées.

Geographie du Cantique Breton

Et c’est ainsi que de nombreux cantiques laissent paraître, encore aujourd’hui, des traces de la spiritualité celtique, remodelée suivant la parole chrétienne. Car la colonisation de l’Armorique par les bretons chrétiens de Galles n’a pas permis l’éradication complète des anciens dogmes, mais simplement leur assimilation, leur effacement au profit d’une pensée modernisée et actualisée pour l’époque. Il est par ailleurs intéressant de noter la répartition géographique des saints et patrons, pour mieux comprendre ce principe d’assimilation. En effet, au nord de la Bretagne, sur les terres de prédilections des colons (les terres les plus proches du Pays de Galles) apparaissent des saints masculins tels Saint-Yves, tandis qu’au sud, l’on trouve Saint Anne, dont le nom et la signification symbolique se rapprochent étrangement de la déesse mère Ana, chère aux armoricains.

Géographie
Géographie de la musique bretonne

Répondant à ce besoin de chapelles, de morcellement du territoire, héritage, tant de l’esprit celte, de la géographie de la colonisation bretonne que de la féodalité, les cantiques se devaient de répondre aux besoins locaux de spiritualité. C’est ainsi qu’à chaque saint, c'est-à-dire à chaque paroisse, était associé un cantique, forme d’hymne religieuse et ethnique, lien sociale fort de la communauté, établie, comme aux temps celtiques, entre l’église et le domaine du maître.

Religion Bretonne et Cantique Breton

Enfin, ne parvenant à assimiler l’héritage celtique et craignant que celui-ci ne resurgisse, les autorités religieuses bretonnes mirent au banc de la société ce qui résistait à son dogme. C’est ainsi que les sonneurs et chanteurs de gwerzioù, de sonioù ou de kan ha diskan se voyaient reprochés d’être les « instruments du diable », détournant le peuple de la bonne parole, ne respectant les principes fondateurs de la spiritualité quotidienne. Ne pouvant prévenir, la hiérarchie catholique s’est engagée dans la répression de ces chants, à travers les sermons, le refus des sacrements religieux, l’excommunication. Et il ne fut pas rare de voir des prêtres pourchasser les musiciens et tenter de ramener leurs ouailles dans le bon chemin.

Les origines de la Musique Bretonne
La Musique Bretonne sous l'ancien régime

Le cantique était le ferment de la communauté religieuse bretonne, il ponctuait et rythmait les cérémonies, les fêtes, les pardons et participait à la gloire divine.

Les styles en musique bretonne

Le Bagad est une formation récente créée en Bretagne à l'image des Pipes Bands en Ecosse, l'aspect militaire en moins, coïncidant avec l'arrivée de la cornemuse écossaise en terre d'Armorique. Les pipes bands écossais, stricts et disciplinés, descendent tout droit de la tradition de parade militaire romaine. Celle-ci est également à l'origine des défilés dans lesquels chaque costume représentait une tribu. Un Bagad comporte au moins 17 musiciens, se divisant en trois pupitres : les binioù braz (cornemuses écossaises), les bombardes et les percussions. Pipes Bands et Bagadoù se retrouvent régulièrement pour se mesurer lors de concours, tel ceux du championnat du monde de Glasgow, ou du Festival Interceltique de Lorient.

Les chants de marins restent une tradition des pays ceints par la mer. Ils s'évertuent à raconter les épopées des marins partis pour de longs mois, parfois, pour des années, loin de leur terre et de leur famille. Ils servent également à leur redonner courage pour affronter les tempêtes et la houle de la mer capricieuse... Les pays celtes ont tous, de par leur géographie et leur histoire, une relation intime avec la mer, un horizon sur l'Océan Atlantique.

Les danses et chants traditionnels sont à la base du patrimoine musical que les anciens transmettaient oralement aux plus jeunes. Ces chants s'apprennent encore quelquefois à l'oreille, mais de nombreux enregistrements, sous forme de collectage, ont été et sont toujours réalisés afin de sauvegarder ces précieux trésors, sans qui la richesse de la musique celtique d'aujourd'hui n'existerait sûrement pas.

La musique celtique, comme tous les styles musicaux, se trouve influencée par le courant des musiques électroniques, intégrant des machines, des samples, et des sons nouveaux. Ce style très actuel a su capter un large public, trouvant dans ses rythmes les codes et les standards des courants tels que la danse music, et dans ses harmonies et ses mélodies l'âme et la richesse d'un patrimoine culturel riche, haut en couleurs. Le mariage de ces deux styles tourne une fois de plus la musique celtique vers l'avenir, qu'elle ne cesse de regarder.

La pratique de la musique est plus que bien vivante dans les pays anglo-saxons, où l'on se retrouve dans les pubs pour partager la convivialité de l'endroit. Le Fest-noz en Bretagne reste une tradition profonde et bien vivante, animée par des groupes multi instrumentistes mêlant répertoire traditionnel et compositions. C'est ainsi que gavottes, plinn, et toutes autres danses bretonnes, rassemblent chaque week-end des milliers de danseurs, perpétuant l'adage "2 musiciens pour 6000 danseurs" si bien composé par les Irlandais.

L'univers des musiques celtiques est riche en histoires, contes, légendes et images hautes en couleurs. Il est donc naturel que les sons et les voix, mêlées à une inspiration prenant sa source dans le répertoire traditionnel, nous livre des morceaux propices à la détente et à la méditation. Ambiance appropriée à la pensée, à la relaxation et au bien être...

Des groupes, des expériences, une incroyable créativité curieuse et talentueuse, voilà un cocktail détonant pour un résultat avant-gardiste. La musique évolutive crée de nouvelles tendances, de nouveaux courants, où les mélanges d'influences se combinent aux traditions pour créer de nouveaux mondes musicaux, riches des expériences de chacun des musiciens qui la composent. La musique celtique s'y retrouve nourrie, renouvelée, exaltée, et prenant tout son sens dans un nouveau souffle.

La musique celtique évolue au fil du temps, et s'ouvre de plus en plus aux différentes influences, cultures, et sonorités du monde, mêlant traditions, instruments et styles. Les musiques métissées sont une véritable découverte sonore, qui s'accorde avec son temps en enrichissant et partageant son patrimoine musical avec d'autres cultures, d'autres artistes, jusqu'à l'amener à abolir les frontières...

Les langues celtes regorgent de trésors en matière de poésie, de finesse, et bien sûr de traditions. L'enchantement de ses chansons à textes, les images riches en couleurs et en émotion de ses musiques instrumentales, sont appropriés à la poésie, à la rêverie ou à la réflexion. De précieux moments que des artistes de talent vous invitent à partager...

Les années 70-80 ont vu s'épanouir des courants musicaux nouveaux et éclectiques, apportant avec eux de nouveaux instruments et de nouvelles sonorités. Parmi eux, le rock, avec sa section rythmique puissante et ses instruments électriques puissants, a su prendre souche au sein des musiques celtiques en faisant découvrir à un nouveau public, du vent des celtes, une autre de ses facettes.

La musique sacrée, d'origine religieuse, peut appartenir ou non aux rites liturgiques, ceux-ci étant célébrés lors d'un culte public, le plus souvent pour les prières et les cérémonies chrétiennes. Ce sont la plupart du temps, des duos : biniou/bombarde, orgue/bombarde, orgue/trompette... Quand à elle, la musique classique a aussi apporté une grande source d'inspiration à la musique celtique. Le mélange, parfois surprenant, a su mettre en valeur le raffinement de sa composition.

Qu'il s'agisse de sonneurs de cornemuse, de bombarde ou de binioù koz (cornemuse traditionnelle de Bretagne), les instrumentistes de talent vous invitent à découvrir leur interprétation de répertoires traditionnels riches en couleurs. Grands maîtres d'oeuvre lors des fêtes locales et des mariages, ils font également merveille lors des concours et des cérémonies officielles. A travers eux, c'est toute une culture et une tradition de Maîtres Sonneurs qui se perpétue.

Les airs traditionnels forment la souche du riche patrimoine musical celtique, que les anciens transmettaient oralement aux plus jeunes. Des musiciens héritiers d'un répertoire séculaire, des grandes voix racontant des histoires parfois millénaires, mêlent aujourd'hui leur source d'inspiration à leurs expériences, leurs voyages et leurs rencontres, contribuant à la transmission et au renouveau de la musique traditionnelle celtique.
La musique celtique, au fil des années, a su s'étendre hors de ses frontières géographiques, et est entrée peu à peu dans tous les foyers principalement par l'intermédiaire du folk. Chanteurs et musiciens on su allier répertoire traditionnel et chansons populaires à un mode d'expression visant un très large public. Une véritable évolution qui lui a permit de se faire connaître à travers toute la planète...

Chant de marins

Le Chant de marins est l’un des formes d’expression traditionnelle les plus répandues sur la planète. La Bretagne n’y coupe pas. Grande nation maritime, elle sut conserver son panache jusque dans les années cinquante. Aujourd’hui, la flotte bretonne reste l’une des grandes pêches européennes.
Les chants de marins avaient différentes fonctions, semblables aux chants de la terre, le kan ha diskan, la gwerz et les sonioù.

Kan ha Diskan
Gwerz
Sone

L’une des parts les plus importantes est représentée par les chants de travail. De nombreux chants de marins servaient en effet au travail sur le navire (chant à hisser les voiles…). Il n’était pas rare de voir des marins violonistes s’embarquer pour accompagner à la tâche. Ces chants donnaient un rythme identique à tous et facilitaient les manœuvres. La vie masculine sur le navire connaissait également quelques gaietés, et surtout, le chant encourageait l’équipage et faisait oublier l’attente en mer.

Us et coutumes en Musique Bretonne

Une autre partie de ces chants, plus proche du sone, concerne l’amour, l’un des manques les plus criant pour les marins de long cours. Ces chants parlaient évidement des femmes restées aux ports, de l’attente et des joies.

Le pendant de la gwerz, est lui représenté par les chants dramatiques sur la mer, récits de naufrages, de naufrageurs, de noyés, de fantômes de revenants, récits de guerre également. Bons nombres de ces chants sont également passés dans le répertoire des paysans, témoins souvent de ces drames. Parmi ces chants se trouvent aussi les récits épiques, pirateries, de découverte, d’exploits ou atteignant le surnaturel.
Les chants de marins sont une musique dans la musique bretonne.

Musique pour Bagad

La musique de bagad (bagadoù au pluriel) est née dans les années trente, à Paris, mais essentiellement en Bretagne à partir de 1943 et plus particulièrement des années cinquante.

Le revival breton

Créé, par Polig Monjarret, à travers le Bodadeg ar Sonerion, le bagad prend son essor au lendemain de la seconde guerre mondiale. Regroupées, dans un premier temps, autour d’associations syndicales ou d’amicales professionnelles, ces formations musicales vont rapidement élargir leurs bases et s’émanciper de contenus politiques ou sociaux.

Considérées principalement, pendant leurs vingt premières années d’existence, comme des écoles de formations en musique bretonne, la musique de bagad restera relativement « scolaire » jusque dans les années soixante-dix. Liés à des cercles celtiques, véritables écoles de danse, les bagadoù représenteront rapidement la Bretagne, tant par leur côté folklorique, plaisant aux yeux des touristes (avec le port du costume traditionnel, musique particulière peu audible aux oreilles non initiées), que par la cohésion culturelle qu’ils apportent.

Le Bagad

Essentiellement entendue lors de défilés (les Fêtes de Cornouaille), de cérémonies publiques ou de concours organisés notamment à Brest, les bagadoù mettront plusieurs années à quitter leur terroir traditionnel. Et c’est paradoxalement grâce à ces défilés et concours que cette transformation va se produire.

Festival

En effet, rapidement, les bagadoù vont acquérir un niveau similaire dans la technicité et l’interprétation, qui va rendre plus difficile leur hiérarchisation dans les concours. C’est en s’ouvrant à d’autres sonorités que ces derniers vont tenter d’influencer le choix du jury du Championnat de Bretagne des Bagadoù. Est-ce un hasard du calendrier, cette transformation s’opère lorsque ce même championnat quitte Brest pour le Festival Interceltique de Lorient.

Dès lors, les bagadoù vont rivaliser d’ingéniosités musicales, d’influences, pour obtenir le meilleur de leurs formations. Le Bagad Ronsed-Mor rencontre l’ARFI et mêle le free-jazz, le Bagad Kemper invite guitaristes et chanteurs et importe des Balkans de nouveaux airs, Men ha Tan rejoint Henri Texier.

Instruments bretons
Le second revival

Aujourd’hui, ces musiques particulièrement appréciées du public, sont en pleine effervescence musicale, et la création enclenchée ces dernières décennies va produire de grands moments.

Musique electronique

Apparue dans les années soixante-dix avec l’évolution des instruments et l’arrivée de l’amplification. Au début, cette ambiance électronique, peu satisfaisante, se servait des premiers synthétiseurs.

Le premier revival breton

Dans la décennie suivante, ces instruments de plus en plus perfectionnés, liés aux ordinateurs ont décuplé les possibilités musicales. C’est avec Dao Dezi que la première fusion électroacoustique fut créée. Regroupant divers artistes, tels Arnaud Maisonneuve, les Tri Yann, Manu Lann-Huel, ce collectif ne parviendra pas à s’imposer sur la scène.

Instruments

C’est seulement avec Denez Prigent et son album Me ‘Zalc’h Ennon ur Fulenn Aour, que ce courant va amener à la musique bretonne une ouverture très intelligente sur les musiques actuelles. Mêlant instruments acoustiques (vielle, cornemuse, guitare…) et synthétiseurs, ordinateurs, samples et boucles sonores, Denez Prigent transforme le chant traditionnel en plaidoyer musical aux sonorités résolument modernes. Ici la fusion est parfaite, tant sur la mélodie, l’interprétation que sur le sens des textes, Denez Prigent connecte la musique bretonne au troisième millénaire.

Le second revival breton

Son travail va créer de nombreux émules, explorant chacun à leur tour, une nouvelle voie dans ce nouvel univers culturel aux multiples possibilités. Ce sera le cas de Pascal Lamour à travers son expérience personnelle et celle d’Arkan, ou celui d’Anjel IK. Alan Stivell, également intéressé, poursuivra sa recherche dans ce sens sur ces derniers albums, allant jusqu’à fusionner la musique bretonne avec le raï, musique maghrébine s’appuyant le plus souvent sur l’électronique.
Ce style musical en pleine expansion n’a pas finit de faire parler de lui.

Musique a danser

Parallèlement au collectage de gwerzioù et sonioù réalisé à partir du XIX° siècle en Bretagne, celui des danses s’est poursuivit, avec les mêmes chaos et soubresauts, jusque dans les années quatre-vingt.

Collectage
Géographie de la musique bretonne

De très nombreuses danses ont été recréées à partir de données écrites conservées. Parmi elles, certaines s’éteignirent dans leurs terroirs respectifs, faute d’un collectage actif suffisant. C’est également par les photographies, les témoignages et les souvenirs liés au collectage que la plupart des danses usités au siècle dernier ont été conservées ou retrouvées.

Certains terroirs, particulièrement fouillés par les collecteurs, ont révélé de très nombreux types de danses et de musiques, mais le travail ayant été réparti de manière inéquitable, d’autres terroirs se sont appauvris au fil des ans.

Les terroirs bretons

L’association Dastum s’efforce depuis le début des années soixante-dix à répertorier ces différents répertoires et à les diffuser et les promouvoirs.

Musique de Meditation

Les possibilités de la musique celtique et notamment bretonne et irlandaise offrent un patrimoine très riche. La musique ayant toujours joué un rôle social important dans les civilisations celtiques.

Musique aristocratique, elle servait à produire les émotions (airs à pleurer, air à rire), grandir les puissants (biographies chantées, récits de batailles…) et animer les cérémonies religieuses ou civiles.

Classification

Populaire, elle rythmait le travail des champs ou de la mer, et participait à tous les mouvements de la vie (marche, enseignement, veillée, fest noz, religion, taverne…).

Les Fêtes

De nombreuses formations se sont intéressées à produire une musique à partir des thèmes qui nous sont parvenus, des formidables mélodies celtiques, tantôt mélancoliques, tantôt joyeuses, répondant aux différentes émotions humaines.

La musique en fest noz

Les musiques jouées dans les anciens fest-noz ressemblaient à celles d’aujourd’hui. Quelques changements néanmoins se produisirent, mais essentiellement dans la danse. Composée dans un premier temps par les couples de kan ha diskan et de sonneurs, cette musique de fest noz a évolué, sous l’impulsion de Loeiz Ropars. Aujourd’hui, si ces deux coulpes sont toujours aussi importants, dans ces fêtes populaires, ils ont été rejoints par de nombreuses formations à géométrie variable, instrumentales ou chantées, combinant sonneurs et chanteurs.


Le revival breton


L’essence de la musique à danser de fest noz n’est pas modifiée par ces nouvelles formations, qui sur une instrumentation différentes et en se basant sur des jeux sonores, vont appuyer la rythmique sur laquelle les danseurs pourront caler leurs pas.


Danses


Depuis le second revival, cette musique s’est vue enrichie par de nombreuses affluences. C’est la cas notamment avec Carré Manchot et Akiyo Ka, fusionnant musique bretonne et musique antillaise, de l’ONB de Roland Becker amenant le jazz à la danse, de Karma ou Ar Re Yaouank important leurs influences rock dans cet univers traditionnel.


Le second revival


La musique à danser de fest-noz est particulièrement active ces dernières années, cherchant les meilleurs pistes de fusion, de nouvelles sonorités pour enrichir ce patrimoine.

Musique Evolutive

Avec le tournant du premier revival, les musiciens bretons se sont attachés à innover, à faire sortir leur musique du carcan dans laquelle elle se trouvait, faisant référence à une tradition en perdition. Grâce aux contemporains d’Alan Stivell, la musique bretonne s’est lancée dans la voie de la musique évolutive.

Le premier revival breton

Ces changements se sont traduits par l’actualisation non seulement de l’instrumentation, de l’interprétation, mais également dans leurs représentations.

Très vite cette musique s’est scindée en deux courants, l’un militant, l’autre cherchant l’innovation. Ces deux courants ont néanmoins amené l’ensemble de la production à se rénover. Des groupes comme Satanazet, les Frères Molard, Alan Stivell, Gilles Servat, Gweltaz ar Fur ont lancé les premiers projets en ce sens.

Mais c’est surtout à compter de la décennie quatre-vingt que va s’accélérer le mouvement. Les expériences Gwerz, Barzaz, Ar Re Yaouank, Alain Genty, Jacques Pellen, Jean-Michel Veillon, Den, Roland Becker, Soig Siberil, Kornog et Jean-Louis Le Vallégant ont contribué à l’explosion expérimentale du second revival.
Le second revival breton

Ce sont ces groupes qui donnent à la musique bretonne toute son actualité et participent à sa pérennité, par la qualité de leurs recherches.

Musique metissee en Bretagne

En écho aux musiques évolutives, la décennie quatre-vingt a ouvert la voie aux fusions interethniques. C’est surtout lors de la suivante que ces alliances musicales se sont révélées.

Le premier revival avait conduit les bretons à s’ouvrir aux autres musiques celtiques, mais également au folk song américain. A partir de la musique évolutive lancée par Alan Stivell et son concert à l’Olympia, le 28 février 1972, les métissages ont contribués à moderniser l’instrumentation de la musique bretonne et à rechercher les points communs traditionnels entre les différents terroirs de l’humanité.

Le premier revival breton

C’est ainsi que des groupes tels Mugar ou Thalweg ont marié musique berbère et musique bretonne, que Carré Manchot et Akiyo Ka ont jeté un pont entre le Bretagne et les Antilles, que les frères Molard, à travers Bal Tribal, qu’Erik Marchand ou le Bagad Kemper rencontrent les musiques des Balkans.

La musique bretonne contemporraine

Les expériences se poursuivent dans les années quatre-vingt dix, tissant musicalement une toile traditionnelle à travers la planète : Dour-Gönpo avec l’Asie, Didier Guyot avec l’Afrique…

Parallèlement, ce métissage se fait également entre les différents styles musicaux reconnus, avec Dom Duff, Stock An Dans, Karnag, Didier Squiban, Yann-Fanch Kemener, Roland Becker, Hopkins David Hopi, L’Occidentale de Fanfare

Les musiques métissées de Bretagne sont en perpétuelle évolution et d’elles-mêmes se régénèrent, explorant toutes les possibilités que la musique bretonne, traditionnelle, offre dans sa fusion aux les autres musiques traditionnelles de la planète.

Poesie bretonne

Fidèle à sa tradition celtique, la musique bretonne a toujours attisé la flamme poétique et rêveuse des bretons. Déjà, du temps des bardes, ces derniers se devaient de rivaliser dans la qualité de leurs poésies et leurs complexités.

La Gwerz
Le Sone

Cet engouement pour la poésie s’est traduit au fil des siècles dans la transmission orale, toujours réactualisée, d’un patrimoine musicale particulièrement riche, dense et original.

Collectage

De nos jours, bons nombres de musiciens participent toujours à ce mouvement à travers leurs textes et musiques. Suivant cette veine poétique depuis quelques millénaires, la musique bretonne renferme de magnifiques œuvres, tels Les Séries, La Prophétie de Gwench’lan, La Gwerz Penmarc’h, La Gwerz Pontkallek…
Dans les années soixante dix, la génération des bardes militants a également contribué au renouveau des thèmes et à l’actualisation du rôle sociale de la musique. C’est avec Glenmor, Gilles Servat que ce mouvement va se pérenniser. De leurs côtés, de nombreux musiciens tels Melaine Favennec, Manu Lann-Huel, Yann-Fanch Kemener vont engager un travail de réflexion poétique sur la musique bretonne, qui offrira à cette dernière de très belles œuvres.

Musique Rock

Avec la musique évolutive et la musique métissée de Bretagne, le rock breton est l’un des pans importants de l’évolution de la musique bretonne ces trente dernières années.

Le revival breton

Né tout naturellement, dans les années soixante dix, grâce à l’apport du rock américain qui débarquait massivement en Armorique, que la musique bretonne a elle aussi évolué vers le rock. Ce dernier, bénéficiant d’une tradition séculaire, s’en est inspiré, pour créer son originalité.

Profitant également de l’acquis instrumental breton, les groupes de rock ont très vite adapté leur musique, en une forme de fusion, au rock et à la musique bretonne. Des groupes comme Soldat Louis, se sont inspirés du répertoire de chants de marins, pour produire une musique très énergique, festive et pour autant traditionnelle dans sa forme.

D’autres, comme EV ont, de part leurs spécificités, fusionné non seulement le style musical, mais également les origines. Le groupe étant moitié finlandais et moitié breton, les thèmes sont dans les deux langues, puisant dans la tradition ou moderne, la musique rock se teinte des deux cultures traditionnelles.

Notons également les expériences réussies de Pat O’ May, l’Ange-Vert, et Michel Tonnerre.

Musique Classique en Bretagne

La musique classique et la musique sacrée ont grandement influencé la musique bretonne. La Bretagne a toujours été une région très croyante et très musicienne à la fois. Il n’est pas étonnant par conséquent que les bretons aient à ce point développé ces musiques.

Ayant eut une grande tradition musicale au Moyen-Âge, les bretons disposent d’un riche répertoire de musique classique ancienne. Mais c’est l’influence de la religion qui va être primordiale pour la création musicale sacrée.

Le revival breton

En effet, la musique, ayant déjà chez les celtes un rôle social important, fut l’un des moyens de la foi religieuse et de sa pratique. Musique d’accompagnement de cérémonies, de pardons, la musique bretonne s’est également évertuée à l’épanouissement de la musique d’église (Messe à Kernascleden, Pardonioù), aux musiques d’office (Louis Yhuel, Jean-Michel Alhaits).

Cantique
Chorale
Les Fêtes
Les Pardons

La musique classique religieuse à la harpe fut également très vivace, ce que l’on peut constater de nos jours avec Gwenola Roparz.

Enfin, parallèlement aux offices religieux, divers compositeurs bretons ont œuvré à la popularisation de la musique sacrée bretonne, notamment Jef Le Penven.

Récemment de nouvelles expériences classiques sont venues enrichir le répertoire breton. Entre Arz Nevez, Yann-Fanch Kemener et Aldo Ripoche, le Duo Molard Manzano et Didier Squiban, la musique classique et sacrée de Bretagne continue de résonner.

Musique Traditionnelle Bretonne

Poursuivant la tradition séculaire de Bretagne de nombreux artistes enregistrent certains albums dans le plus pur style traditionnel, afin de pérenniser l’ambiance que véhicule ces témoignages des temps anciens.

Le romantisme breton

L’un des plus célèbres d’entre eux, Yann-Fanch Kemener s’est efforcé sur ses disques à respecter les canons et les conventions musicales héritières d’un passé pas si lointain, puisqu’il ne s’est éteint qu’à la fin des années soixante-dix dans sa plus grande partie.

Le collectage
Le premier revival breton

Néanmoins, bons nombres d’enregistrements traditionnels et acoustiques sont ainsi joués sur scène, dans une ambiance que le public rend tout autre par sa présence, mais ces interprétations restent particulièrement d’actualité, dans les festoù noz et les concerts.

Fest-noz

On peut noter également, dans le répertoire de sonneurs, Patrick Molard, véritable référence de la cornemuse, ou dans le répertoire chanté, les travaux de Marthe Vassallo, dans la musique médiévale ceux de Gérard Lomenec’h, ou l’interprétation de Cécile Corbel à la harpe.

La musique traditionnelle bretonne reste ancrée dans la culture bretonne et participe à l’évolution générale de l’ensemble.

Sonneurs bretons

La tradition de sonneurs en Bretagne est très anciennes et toujours très présente. C’est pour cette raison que la musique pour couple de sonneurs est l’une des plus diversifiée de Bretagne.

Le couple de sonneurs

Avec des sonneurs tels que Patrick Molard ou Jean Baron et Christian Anneix, le genre a su se renouveler tant au niveau de l’image de marque que musicalement.

Alors qu’on ne comptait plus que par centaines les sonneurs de la fin des années trente, leur nombre n’a cessé de croître au lendemain de la guerre, grâce notamment à l’action du Bodadeg ar Sonerien (Assemblée des Sonneurs) et du travail de Polig Monjarret sur la création des bagadoù.

Le revival breton

Un championnat de Bretagne récompense chaque année le meilleur couple de sonneurs, contraignant la profession à développer chaque fois davantage d’imagination dans ses créations.

Bagad

De très nombreux sonneurs ont par ailleurs fait leurs classes dans les bagadoù, véritable école de formation en musique bretonne.

Les danses bretonnes

Les danses bretonnes sont avec la musique l’une des expressions culturelles les plus diversifiées de Bretagne. Son importance, pour le lien social, a conduit musiciens et chanteurs à développer et enrichir les formes traditionnelles de la danse au cours des siècles.

De nombreuses danses nous sont parvenues, grâce aux collectages effectués, ces dernières étant intimement liées à la musique bretonne, en subissent le même sort.

La Gavotte serait l’une des danses les plus anciennes de Bretagne, du moins dans sa parenté. Sa géographie lui offre le plus grand terroir, englobant toute la Cornouaille et la partie nord ouest du Leon. C’est la danse la plus répandue de Bretagne.

L’En Dro est une danse qui a connu de nombreux changements. Cousine de la gavotte dans ses temps, elle étend son territoire sur le Morbihan.

L’Hanter-Dro se diffuse essentiellement dans la même zone géographique que l’en dro. L’hanter dro tire ses origines de l’en dro et du laridé.

Laridés et Ridés se partagent deux secteurs géographiques. Leurs différences sont minimes, ce qui les permets de les classer ensemble. Le laridé, plutôt vannetais se partage entre Hennebont, Vannes et Pontivy, lorsque la ridée elle s’étend dans le Bas-Leon.

Dans Tro Plin est la danse du Centre Bretagne par excellence. Situé autour de Maël Carhaix, dans la partie sud des Côtes d’Armor. Ses pas en font une danse très physique.

Les ronds, dérobées, jabadao, bals, passe-pieds sont d’autres types de danses qui ne seront pas abordées ici.

Folk Breton

Deux tendances se sont dessinées dès le premier revival au sein de la musique bretonne. Le folk, forme évoluée de la musique traditionnelle, s’est très vite imposé sous l’influence baba cool. Il s’est perfectionné depuis, passant des premiers Tri Yann à Glaz, ou au chant gallo avec Obrée Alie. Ayant subit quelques apports rock ou évolutif, par des groupes comme Djiboudjep, Sonerien Du ou BF15, le folk breton a su trouver sa place dans la constellation musique bretonne.

Le revival breton

La variété bretonne s’est également inspirée de l’univers celtique du pays, à la différence, qu’elle s’en est relativement éloignée. Mais elle conserve des accents, des tonalités, parfois une part de répertoire relevant du traditionnel ou de la musique bretonne. On le voit notamment avec Adèle, Youenn Gwernig.
Ces deux courants sont parmi les plus populaires de la musique bretonne.

Gavotte bretonne

La gavotte serait l’une des danses les plus anciennes de Bretagne. Apparentée au Trihori, forme de branle, cette danse qui s’étend sur toute la Cornouaille et la partie nord ouest du Leon est la plus répandue de Bretagne.

Elle se compose de variantes, gavotte des montagnes, de Maël Carhaix, de Quimper, du Pays Bigouden, qui suivent toutes la phrase en huit temps de la danse.

Géographie de la danse bretonne

Cette danse se déroule en trois jeux, un ton simple, où les danseurs évoluent en chaîne vers la gauche. Le ton simple est suivit du bal, ou en couple, les danseurs vont, alternativement, entre des phrases marchées, exécuter à nouveau les pas de danse. Pour conclure, un ton double reprend le ton simple de manière plus évoluée et plus rapide.

La gavotte est très souvent jouée en fest-noz, elle est aussi l’une des danses les plus simples à interpréter et par conséquent l’une des plus appréciées des touristes.

La danse fisel est une cousine de la gavotte, répandue sur le même territoire, bordant la zone d'influence du plinn.

En dro

L’En Dro est une danse cousine, dans sa structure, de la gavotte. Elle étant son influence sur le Morbihan, en compagnie de l’Hanter Dro.

Géographie de la danse bretonne

L’en dro a connu de nombreuses évolutions. Danses en ronde, se dirigeant sur la gauche dans sa première phase avant un moindre retour sur la droite, elle a évolué vers une chaîne ouverte, puis en cortège et enfin en couple. Suivant ses origines, elle a vu également son déplacement sur la droite disparaître.

Ainsi le kas abarh est venu modifier dans ses différentes zones, une danse que l’on trouvait en ronde, en cortège. Parfois, d’un village a l’autre, les habitants adoptaient l’une des variantes, comme une nouvelle danse, conservant également leur en dro premier.

Cette transformation a essentiellement démarré au tournant du vingtième siècle. Cette danse se compose de deux parties, l’une ascendante ou l’on se déplace sur la gauche, en tenant ses partenaires par le petit doigt et en ajoutant aux pas un mouvement circulaire des bras, mouvement que l’on produit à l’inverse dans la phase suivante, qui se déplace légèrement sur la droite.

Larides et Ridees

Le laridé est une danse qui s’étend sur le répertoire de l’en dro. Originellement partie intégrante d’une suite réglée, elle ne subsiste plus aujourd’hui dans sa forme primitive. Le laridé se subdivise en trois régions d’appartenance, utilisant des mouvements de six et huit temps : Dans la région d’Hennebont, la danse s’effectue en six temps, dans celle de Vannes et Auray, huit temps et dans une zone à l’est et au sud de Vannes, la danse s’effectue en six temps.

Géographie de la danse bretonne

Cette danse en chaîne combine aux pas latéraux un jeu de bras relativement rapide et ponctuant les temps du mouvement. Qu’il s’agisse de laridé à six temps ou à huit temps, l’allure générale de cette danse reste relativement homogène.

Si le déplacement des pas est bien réglé dans le mouvement à six temps, celui à huit tend à laisser de côté l’ordre des pas pour se concentrer sur celui des bras, marquant chaque temps du laridé.

La ridée du Bas-Leon est très proche du laridé vannetais, elle se joue en six ou huit temps et les mouvements de danses sont ici moins stricts que dans le sud de la péninsule armoricaine.

Hanter dro

L’hanter dro tient ses origines du laridé et de l’en dro. Diffusé essentiellement dans l’ouest de la zone géographique de l’en dro, a savoir l’ouest du Morbihan, sa fonction dans la danse reste confuse, car peu de documents attestent de son utilité. Il semble même que cette danse ait été en voie d’extinction dès le premier tiers du XIX° siècle.

Géographie de la danse bretonne

L’hanter dro, dont le nom signifie demi tour, se déroule en deux phrases, une de quatre temps, pendant laquelle le danseur se déplace sur la gauche, l’autre de deux temps, pendant laquelle il fait porter le poids de son corps sur le pied droit.

Cette danse reste peu usitée, en raison de son très pauvre patrimoine musical, puisque trop peu d’airs nous sont parvenus, celle-ci ayant connu un déclin prématuré.

Plinn

La danse Plinn (dans tro plin) est la danse du Centre Bretagne, s’étendant sur un zone géographique recouvrant le sud des Côtes d’Armor, la danse plinn s’effectue, généralement, par deux petits sauts à pieds joints, puis une alternance entre le pied gauche et droit.

Géographie de la danse bretonne

Cette ronde, qui peut être exécutée en couple ou par des hommes uniquement se déplace latéralement, chaque danseur faisant face au centre. Parfois les bras accompagnant le pas en marquant les temps, mais dans la suite plinn, les bras servent souvent d’appuis aux sauts des danseurs.

En pays bretonnant, la dans tro plin sera généralement accompagnée par des chanteurs de kan ha diskan, alors qu’en zone gallo, elle sera accompagnée par le couple de sonneurs bombarde et biniou.

Fest deiz

Au cours des siècles, le fest-noz, littéralement fête de nuit, connu de nombreux bouleversements.

Traditionnellement usité pour ponctuer les travaux agricoles, célébrer les mariages et les fêtes païennes ou religieuses, il se déroulait le plus souvent de jour (aussi appelé fest-deiz) et en extérieur. Néanmoins, pour certaines dates, comme les feux de la Saint-Jean, ancienne fête celtique, ces fêtes se déroulaient la nuit.

Comme tout interdit, celui qui touchait les festoù-noz et leurs représentants (musiciens et chanteurs) attirait les foules. Si le fest-deiz pouvait être acceptée, car sous surveillance de l’église et pour sa fonction rythmique du quotidien agricole, celle de nuit n’était en aucun cas tolérée.

Les origines de la musique bretonne

Traditionnellement, le fest-noz ou fest-deiz rassemblait chanteurs, danseurs et musiciens, mais ces fêtes étaient aussi l’objet de jeux, de concours de chants et de danses. De nombreux jeux d’adresses ponctuaient les passages musicaux, tout en animant la localité. Ces fêtes se déroulaient à la fin de travaux agricoles nécessitant l’effort collectif (battage, ramassage de pommes de terre, mis à mort de cochons…) et servaient autant de remerciement aux différents intervenants de ces travaux, qu'à la liesse populaire et à l’unité de la communauté.

Fest noz

Après la seconde guerre mondiale et l’évolution fulgurante de la Bretagne, dans de très nombreux domaines, ces fêtes, à l’initiative de Loeiz Ropars connurent de nombreux changements. En 1954, organisant un concours de kan ha diskan sur la commune de Poullaouen, Loeiz Ropars imagina une nouvelle mode festive. Les travaux des champs devenant de moins en moins pénibles par l’industrialisation et l’automatisation, la population s’urbanisa, et, afin de répondre à ce changement de société, l’objet même de ce rassemblement fut réinventé. Succédant à une nécessité communautaire, le fest-noz s’est transformé en tribune musicale et populaire, puis commerciale. Les musiciens et chanteurs furent théâtralisés, mis sur podium, éclairés et progressivement sonorisés. Les formations traditionnelles de kan ha diskan ou musique à danser, couple de sonneurs entre autre, se modifièrent, faisant appel à de véritable orchestres, les jeux et autres animations ou concours disparurent. Le public lui-même se transforma. Passant d’une communauté définit, intergénérationnelle, à un ensemble moins homogène, cependant toujours intergénérationnelle, même si cela tend à disparaître de nos jours, subissant la commercialisation progressive de cette culture.

Le revival breton
Les formations musicales bretonnes

C’est aux changements d’époque, à la volonté bretonne d’actualiser son folklore, de se libérer des contraintes traditionnelles qui ne correspondent plus, mais également et surtout par la volonté des sonneurs et chanteurs, initiée par Etienne Grenelle et Yann-Fanch Kemener, de voir leur travail rétribué, de pouvoir vivre pleinement l’état social d’artiste, qu’au cours de la décennie 70, ces festoù-noz se sont finalement transformés en fêtes purement commerciales, en attrape touristes dans certaines stations balnéaires. Certaines manifestations se sont protégées de cette évolution, préservant le plaisir des danseurs, c’est notamment le cas du festival du Printemps de Châteauneuf (Châteauneuf du Faou, 29).

Les fetes en Bretagne

En Bretagne, comme dans toutes les régions, sous l’ancien régime, la vie quotidienne était ponctuée de nombreux jours de congé, de fêtes et d’évènements religieux ou politiques. C’est lors de ces occasions qu’exerçaient les sonneurs et chanteurs bretons.

La principale « fête », si on peut l’appeler ainsi, était la veillée. Elle avait lieu dans une ferme du village, où tous se rassemblaient, buvant écoutant histoires, gwerzioù ou blagues ou musiques. La veillée était le lien social de la communauté, elle permettait la transmission du savoir à la cellule communautaire et participait à la solidarité et à la création musicale ou littéraire. Regroupés autour de l’âtre, ou près des bêtes pour leur chaleur, ses membres tout en effectuant des travaux domestiques (couture, réparation de filet…) interprétaient les dernières chansons apprises, les plus difficiles, les lus étranges… D’autres contaient, blaguaient, propageant oralement ce savoir ancestral. Aujourd'hui, les festivals bretons contribuent au rôle de ces veillées dans la transmission et la communication.

Les fêtes agricoles, fest deiz ou fest noz, rythmaient ces travaux. Chaque « corvée » effectuée était occasion. Souvent sur l’aire à battre, dans les champs, mais également pour la construction d’une maison (le sol étant fait à partir d’argile tassé, des festoù noz avaient lieu dans l’aire à construire et, usant de certaines danses, les sonneurs permettaient aux danseurs, par leurs pas, de tasser progressivement la terre de l’aire à mesure qu’ils tournaient).

Deux fêtes sont également très importantes en Bretagne et ponctuent l’activité musicale de la région, la Saint Patrick, du nom de l’évangélisateur de l’Irlande et la Saint Yves, celui qui évangélisa la Bretagne à son tour.
Les Foires, véritables marchés ruraux, rassemblaient des bretons sur une large zone géographique. Outre leur praticité commerciale, ces foires permettaient l’échange des savoirs entre les différents pays, la comparaison vestimentaire et participaient elles aussi à l’évolution foisonnante de la création bretonne.

Enfin, les pardons et cérémonies religieuses étaient d’une grande importance dans ce pays profondément catholique. De toutes la Bretagne venaient des paysans, certains cherchant chez tel saint le salut de son problème, tel autre effectuant le Tro Breiz (tour de la Bretagne : pèlerinage catholique en Bretagne faisant le tour de la péninsule). La musique accompagnait ces évènements, qui également servait de rencontre entre les jeunes gens.

Festivals bretons en Bretagne

C’est à partir des années cinquante, et dans un souci de promotion du patrimoine breton, qu’à l’initiative de Polig Monjarret et Loeiz Ropars, se sont créés de nombreux festivals.

Le premier qui ait marqué son temps, fut le festival de Kertalg, en 1973. Ce dernier se voulait une sorte de réponse bretonne au festival Woodstock qui avait enflammé les Etats-Unis quelques temps plus tôt. Réunissant entre autres Alan Stivell et les Sœurs Goadec, ce festival est devenu l’une des références des années soixante-dix.

Le Festival le plus important reste le Festival Interceltique de Lorient, qui au fil des ans s’est également imposé comme concours et Championnat de Bretagne des Bagadoù. Se déroulant en août, ce festival présente un très large panel des expériences musicales celtiques, de la musique bretonne, irlandaise ou galloise… Ce festival s’attache en effet à recenser toutes les expressions de musique celtique.

Le Festival de Cornouailles de Quimper est l’un des plus vieux de Bretagne. Traditionnellement organisé autour de défilés dans les rues de la ville, il s’est ouvert à l’imaginaire musical breton, en disposant à divers endroits de Quimper, des scènes de musique bretonne.

Les Tombées de la Nuit ont un concept différent. Organisé en juillet à Rennes, ce festival veut faire vivre les magnifiques bâtiments de cette ville, en offrant aux artistes d’y faire résonner leurs créations. C’est donc dans les cours d’immeuble, dans certaines officines officielles que se déroulent les concerts, en toute intimité.
Le Festival des Chants de marins de Paimpol, bi annuel, présente la production de chant de marin, l’un des pans de la musique bretonne qui, ici, rivalise d’ingéniosité avec les musiques et chants des ports du monde.
Les Nuits Celtiques du Stade de France, sont l’un des derniers nés de la création festivalière. Se déroulant au Stade de France, il rassemble chaque année des milliers de bretons de Paris dans une grande messe nocturne interceltique. Ce festival est aujourd’hui un tremplin pour la musique bretonne dans la capitale et en Europe.
Le Festival International de la Clarinette Populaire de Glomel rassemble chaque année, à l’initiative d’Erik Marchand, les meilleures formations utilisant la clarinette.

Deux fêtes sont également très importantes en Bretagne et ponctuent l’activité musicale de la région, la Saint Patrick, du nom de l’évangélisateur de l’Irlande et la Saint Yves, celui qui évangélisa la Bretagne à son tour.
Sans oublier le Festival Kan Ar Bobl, véritable concours d’entrée en musique bretonne pour les jeunes générations.

Le Kan ar Bobl

C’est pour répondre au renouveau de la musique bretonne des années soixante dix, le premier revival breton, qu’à l’initiative de Polig Montjarret et Pierrot Guerguadic s’est créé le Festival du Kan ar Bobl (littéralement « chant du peuple ») à Lorient.

La première édition de 1973 eut lieu au Palais des Congrès de Lorient. Elle fut un franc succès. Réunissant les musiciens des tous âges et tous terroirs bretons, le festival se présente comme un tremplin musical qui, sous forme de concours, permet aux formations bretonnes de se faire connaître. Depuis, la quasi-totalité des formations bretonnes sont issues des concours du Kan ar Bobl. C’est le cas notamment d’Annie Ebrel, Yann-Fanch Kemener, Marthe Vassallo, Kristen Nicolas, Denez Prigent, Diaouled ar Menez, Ar re Yaouank….

Devant l’affluence des candidatures, les organisateurs du festival ont, dès 1975, modifié la structure de
recrutement du festival. Des rencontres éliminatoires par pays ont été mises en place, permettant de limiter le nombre de candidats retenus. Il faut ainsi préalablement passer un premier concours dans son pays d’expression, avant de pouvoir espérer concourir au niveau régional, lors de la finale de Pontivy.

A partir de 1990, un Grand Prix sera décerné, lors d’un concours réunissant les lauréats de l’ensemble des concours qu’offre ce festival. Ce prix sera suivi, en 2005, par le Trophée Kanit ta Bugale, en hommage au fondateur du Kan ar Bobl, Polig Montjarret.

Festival de Kertalg

C’est le 13 août 1972 que le premier Festival de Kertalg s’est tenu sur la commune de Moëlan-sur-Mer. Ce festival breton de pop music s’est imposé comme une rencontre musicale (un peu politique) entre les minorités européennes et américaines. Réunissant flamands, alsaciens, wallon, basques, corses, cajun, québécois et catalans, le festival se présentait comme une vitrine du folk du début des années soixante-dix.
L’affiche de cette édition du Festival de Kertalg fut particulièrement alléchante : Outre la participation Rene Wermeer, Doon a Moor, elle rassemblait également de prestigieux noms : Alan Stivell, Le Bagad Bleimor, Les Sœurs Goadec, Gilles Servat, Gweltaz ar Fur, les Diaouled ar Menez, Les Skolferien, les Leprechauns, Happy Traum et Katell ar Skanv (la femme de Glenmor).

Les participations les plus remarquées furent celles d’Alan Stivell accompagnant les Sœurs Goadec, de Gilles Servat, de Gweltaz ar Fur, Diaouled ar Menez ou Happy Traum.

Ce premier festival fut également enregistré. Préalablement produit par Kelenn, le disque fut finalement édité par Le Chant du Monde, mais sans la participation de certains artistes.

L’organisatrice Gwenn Legoarnig parvint l’année suivante (22 juillet 1973) à poursuivre l’expérience de ce festival, mais 1974 marqua la dernière édition de cette aventure.

Ce festival restera l’un des plus importants pour l’histoire du mouvement folk breton.

Festival Interceltique de Lorient

Le Festival Interceltique de Lorient, fondé en 1971, est l’un des plus importants d’Europe. Réunissant aujourd’hui plus de 650.000 participants ces dernières années, le FIL a sur s’imposer comme la référence de la « celtie ».

Le Festival Interceltique de Lorient, qui a lieu la deuxième semaine d’août, dans toute la ville, rassemble près de 4500 musiciens par éditions, venant de tous les pays ou rayonne la culture celtique, même à très faible dose. Ainsi, bretons, irlandais, gallois, écossais, asturiens, galiciens, américains, canadiens, mais aussi australiens se retrouvent en ce lieu d’expression des cultures contemporaines celtiques.

Le Festival Interceltique de Lorient touche en effet à tous les domaines de la création vivante. S’appuyant sur une organisation composée en grande part de bénévoles, ce festival présente également toutes les formes d’expression musicale, du jazz, au rock, en passant par la musique traditionnelle. Le FIL est aussi devenu au fil des années l’organisateur des concours de bagadoù, où a lieu désormais la finale.

Véritable tremplin commercial de la musique celtique, le Festival Interceltique de Lorient est également un grand découvreur de talent, proposant chaque année une grandiose affiche et de nouveaux noms qui souvent restent à l’esprit, parmi ces quelques vingt scènes officielles.

Festival de Cornouaillle

C’est en 1922, que Louis le Bourhis, propriétaire d’un cinéma à Quimper, fait défiler les reines élues des villes et villages avoisinant, de la gare de Quimper à son établissement, afin d’en assurer la promotion lors de son inauguration. Le succès rencontré par cette manifestation ponctuelle, l’incite, avec l’aide des commerçants quimpérois à lancer une fête populaire, centrée sur l’élection d’une Reine de Cornouaille, parmi les élues locales.

Le 30 septembre 1992 se déroule la première édition, mêlant, déjà, musiques et culture. L’édition suivante change simplement sa date, pour celle du quatrième dimanche de juillet, et conservera son caractère propre jusqu’en 1947. Cette année là, malgré la désaffection dans laquelle se tenait la musique bretonne, se tint une courte cérémonie de quelques heures, réunissant les rares sonneurs encore en activité, malgré la création balbutiante du Bodadeg ar Sonerion et de Kendalc’h, la fédération bretonne.

Sous l’impulsion de l’écrivain Pierre Jakez Helias, Polig Monjarret, Louis le Bourhis, les Fêtes de Cornouaille de 1948 se réimpose sur la scène bretonne, innovant par la grande parade dans les rues de Quimper et le Triomphe des Sonneurs. Les premiers bagadoù créés réconcilient les bretons avec leur musique, relançant en quelques années l’engouement pour les sonneurs. Leur nombre augmente dès lors de manière constante.
L’élection d’une reine est remise en question, mais parviens à rester, bien que le festival s’appuie désormais sur les sonneurs et les cercles celtiques.

A partir des années cinquante, les Fêtes de Cornouaille s’étendent aux musiques du monde, invitant chaque année l’une d’entre elles, et s’ouvre à l’ensemble de l’expression contemporaine bretonne et à ses différentes influences.

Le 12 novembre 1981, à la suite d’un conseil d’administration du festival, les Fêtes de Cornouaille se rebaptisent Festival de Cornouaille. Le festival dure désormais six jours et s’étend sur toute la ville de Quimper, regroupant plusieurs scènes, un fest-noz, la parade…

Le plus vieux festival d’expression musicale bretonne est désormais un rendez-vous incontournable des amateurs de musique bretonne.

Nuits Celtiques au Stade de France

C’est pour répondre à la demande d’une diaspora forte de plusieurs centaines de milliers d’individus, qu’à travers de nombreuses expériences et tentatives se sont dessinés les Nuits Celtiques du Stade de France, création du Festival Interceltique de Lorient et de son directeur Jean-Pierre Pichard.


Avec Bretagnes à Bercy, un premier test concluant avait justifié l’idée d’un grand rassemblement sur Paris. Ce concert présentait les formations les plus en vogue du moment et les plus connues : Alan Stivell, Gilles Servat, Armens, Dan ar Braz, l’Héritage des Celtes et Tri Yann. Le disque éponyme offre quelques bœufs très appréciables sur sa seconde face.


En 2001, invitant les ténors de la celtie musicale, comme Yann-Fanch Kemener et Denez Prigent, à se produire dans l’enceinte du Stade de France, le FIL impose dans le calendrier parisien ses premières Nuits Celtiques.


Le rendez-vous est pris, à la Saint Patrick chaque année. Avec un public de plus de 50.000 personnes pas concert, les Nuits Celtiques du Stade de France sont aujourd’hui l’un des principaux festivals bretons.

La Saint Patrick

Evangélisateur de l’Irlande, Saint Patrick, né en 385 (en Ecosse, Galles ou Armorique), a suivit une formation religieuse. Sur les conseils de Dieu, il convertit le roi, puis le peuple et fonde une série de Monastères, dont le sien à Armagh. Utilisant le trèfle à trois feuilles pour justifier de la trinité dans ses sermons, il donne à l’Irlande son symbole.

Saint Patrick est considéré comme le père du christianisme irlandais. Une légende lui prête d’avoir débarrassé l’Irlande des ses serpents. Il semblerait que le serpent soit ici le symbole des religions païennes présentes et ainsi terrassées.

La Saint Patrick est aujourd’hui la fête la plus fêtée dans les pays de tradition celtique. Instituée au 17 mars, elle est l’occasion de rassemblements culturels et amicaux dans les pubs et tavernes.

Saint Patrick serait mort en 461, après avoir écrit, en 405, un ouvrage latin « Confessio ». Selon les historiens, il semblerait qu’il y ait deux Patrick, l’ancien et le jeune. l'Ancien ( Palladius), dit le " vrai ", et Patrick le Breton, "le Jeune", qui serait né au Pays de Galles romain, à Banwen, et mort vers 492 / 493.

Les Foires Bretonnes

Rendez-vous traditionnel des marchands, commerçants et paysans, les foires ont joués un rôle très important dans les communications, le commerce et l’économie.Situé dans les bourgs d’importances, les foires ressemblaient une foule hétéroclite, présente pour lé négoce, de manière générale.


La Musique Bretonne sous l'ancien régime


Ces foires, par leur importance dans le paysage quotidien des habitants attiraient de très loin leurs participants, mais aussi les saltimbanques et musiciens, venant distraire les commerçants.


Ainsi, rythmant tout au long de l’année ces rassemblements, les musiciens participaient à la transmission de leur patrimoine, d’une région à l’autre et à sa diffusion auprès du peuple, venu également entendre les nouveaux chants.


Au XIX° siècle, c’est dans ces grands marchés que se vendaient le plus souvent les feuilles volantes propageant la chanson nouvelle.

La Saint Yves

Saint Yves est né le 13 octobre 1253 à Kermartin dans les Côtes d’Armor. Yves Hélory, avant qu’il ne soit saint, poursuit des études de théologie à Paris, avant d’entamer des études de droit à Orléans.

Appelé en Bretagne par l’évêque de Rennes, pour exercer ses talents de juriste et d’avocat, Saint Yves, qui deviendra le patron des ces professions et des marins, s’engage dans la hiérarchie catholique. Il devient prêtre puis évêque à son tour en la cathédrale de Tréguier.

Saint Yves se retire de la vie publique, pour une retraite de prières, avant de décéder le 19 mai 1303, dans son manoir de Kermartin. Le duc Jean V fait alors transporter son corps dans un magnifique tombeau au cœur de la cathédrale et demande que s’engage un procès en canonisation, devant les miracles que cette mise au tombeau produit. Le procès engagé en 1330, se finira en 1347 sous le règne de Clément VI.

Son culte est vénéré en Bretagne, mais également à Rome, en Allemagne ou Pays-Bas. Sa fête célébrée le 19 mai, est l’occasion de célébration en Bretagne dont Saint Yves est également le saint patron.

La veillee bretonne

Les veillées constituaient le socle culturel et social principal de la communauté familiale, à la bretonne. Les veillées se déroulaient le soir, avant le coucher.

Utilisant généralement ce temps pour les menues réparations d’intérieurs, tout à leurs ouvrages, les participants se laissaient aller à leurs rêves. Durant ces soirées étaient racontés les contes, les histoires, les légendes. On y chantait également la gwerz et le sone, et on y racontait les blagues.

Classification de la Musique Bretonne

Ces veillées étaient le moyen de la transmission. Profitant du calme de la cellule familiale, ses membres, en devisant, apprenaient à leurs enfants les chants et contes, leur culture.

Le Collectage

La musique bretonne s’est ainsi propagée de génération en génération à travers les temps, se transformant à mesure des évolutions pour nous parvenir aujourd’hui.

Le Pardon en Bretagne

Cérémonie paroissiale, le pardon servait, la religion, à rassembler ses fidèles à date fixe autour du symbole de la paroisse, le Saint Patron local.

Les origines de la Musique Bretonne

En Bretagne, les Saints avaient de nombreuses vertus, liées aux miracles qu’ils suscitaient, mais également en raison de la qualité de l’eau de leurs fontaines consacrées. La croyance du saint guérisseur était très présente dans cette région, même si de nos jours cette tendance disparaît progressivement.

Les pardons était donc le temps de réjouissance, et piété et de ferveur local, qui unissait un moment la cellule sociale locale. Outre les processions, derrière la statue du saint protecteur, outre les chants religieux, cantiques et messes, les pardons étaient également le lieu de réjouissance musicale.

Musique Sacrées & Classiques

Dans certaine paroisse, ou les sonneurs étaient mal venus, ces fêtes se déroulaient de nuit, loin, du curé, qui généralement pourchassait les contrevenants.

Les pardons restent des rassemblements importants en Bretagne comme en témoigne la Troménie de Locronan, le Pardon Islamo Chrétien du Vieux Marché, le pardon de Sainte-anne de la Palud…

Les formations musicales bretonnes

Traditionnellement, la musique bretonne fut interprétée par des formations musicales bien définies. Il fallu attendre les années 30, mais surtout les années 50 pour voir évoluer ces structures.

Le revival breton
Les Danses
Les Fêtes

Le couple de sonneurs est la formation la plus répandue. Le sonneur est un musicien (il sonne tous les instruments, même à cordes). Le couple de sonneurs peut présenter plus de deux musiciens. Cette structure néanmoins était très répandue en couple.

Le couple de chanteurs est le pendant du premier. Suivant la même logique, ce couple peut contenir plusieurs individus, comme le montrent les célèbres Frères Morvan ou Sœurs Goadec. Même si la structure binaire restait le référent de la profession.

Il faut attendre la fin des années soixante-dix pour que ces combinaisons musicales deviennent professionnelles et rémunérées, grâce à l’impulsion d’Eugène Grenel et de Yann-Fanch Kemener.

La chorale, présente à l’église, est, comme dans toutes les régions françaises, généralement l’apanage du clergé.

A partir des années 30, naît le premier ensemble de sonneurs, à Paris. Mais l’expérience, bien que concluante, cesse avec la guerre, pour ne reprendre qu’à la libération. Entre temps, en Bretagne, en 1942, est créé le BAS, assemblée des sonneurs, puis l’année suivante le premier bagad.

Le bagad est la formation la plus populaire, puisque folklorique, et également la plus puissante en décibel. Composé de trois pupitres, bombardes, cornemuses et percussions, le bagad s’est constitué autours de concours régionaux, avant de devenir école de musique bretonne.

Les formations modernes sont apparues avec le premier Revival et se sont poursuivies depuis. Ces formations à géométrie variable participent aujourd’hui à la dynamique de la musique bretonne, à sa création et sa richesse.

Le Bagad aujourd hui

Jusqu’en 1958, le bagad reste essentiellement un objet de « foire » de défilé. Cette formation fait partie du folklore (dans le mauvais sens du terme), mais en 1958, lorsque les premiers concours de bagadoù (pluriel de bagad) sont créés, cet ensemble sonore particulièrement puissant, prend tout son sens et s’impose musicalement.

C’est avec le bagad de Brest Sant-Mark et celui de Kemper que la folle épopée de ces formations va naître. S’affrontant en concours annuels au sein de diverses structures (concours de bagadoù de Brest, puis Championnat de Bretagne des bagadoù intégré au Festival Interceltique de Lorient), les bagads ont su trouver leur public et devenir les fleurons de la musique bretonne moderne.

Les festivals bretons
Le premier revival breton
Style Musical

A partir des années 90, les concours aidant, de nombreuses formations de bagad ont évolué, elles aussi, vers une musique fusionnelle. Qu’il s’agisse des expériences balkaniques du Bagad Kemper, de l’accompagnement de chanteurs (Gilles Servat et le Bagad Ronsed Mor), de fusion métissées avec le Bagad Men ha Tan ou de réécriture musicale avec le Bagad de Kemperle, permettant la survie de ces orchestres, par une constante régénération de ces membres et de ces expériences.

Les Danses
Les Fêtes
Le style Bagad

Egalement école de musique bretonne, les bagadoù ont fournis à la scène de très nombreux talents : Alan Stivell, Melaine Favennec, Patrick Molard, Roland Becker, Donatien Laurent…

Le bagad des origines

Le bagad est l’une des formations les plus connues de Bretagne et les plus médiatisées. Cependant, et c’est là son paradoxe, cette formule n’est pas traditionnellement bretonne. Issue des pipes bands écossais, cette formation ne fut « inventée » en Bretagne qu’après la seconde guerre mondiale.

Le Premier revival

Son origine, vieille de quelques années seulement, vient de la communauté bretonne de Paris, qui en 1932, en créant la KAV (kenvreuriez ar viniouerien – confrérie des sonneurs de biniou) sous l’égide d’Hervé Le Menn, permet le premier rassemblement de sonneurs au sein d’une même assemblée musicale.

En 1937, une première tentative bretonne d’importer cette assemblée échouera en raison de la guerre. Ce n’est qu’en 1942, sous le patronage de Polig Monjarret, que va naître le Bodadeg ar Sonerion, le BAS ou l’assemblée des sonneurs. Le BAS qui se construit comme un syndicat culturel va permettre l’émergence du Bagad.

Bombarde
Cornemuse
Couple de Sonneurs

Cette formation regroupant trois pupitres, bombarde (8 bombardes), cornemuse (8 cornemuses) et percussions (4 caisses claires, 2 toms et une grosse caisse), va être l’un des éléments les plus importants de l’enseignement et de la propagation de la musique bretonne. Formé, dans les premières années d’après guerre, dans des regroupements professionnels syndicaux (amicale d’ouvrier, amicale de cheminots…), cette formation fait rapidement son entrée dans l’armée (rappelant au passage les sonneurs écossais accompagnant et motivant les troupes lors de campagnes) comme le Bagad de Lann-Bihoué, fondé en 1953, avant de devenir des écoles et des orchestres de concert.

Le Couple de Sonneur

Le principal pendant des chanteurs de Kan ha Diskan bretons, en fest-noz, est le couple de sonneurs. Traditionnellement composé d’une bombarde et d’un biniou, ce couple a très vite évolué, aux cours des siècles.

Il est à noter qu’en breton, tout musicien est considéré comme sonneur. On sonne ainsi la vielle, la cornemuse ou l’accordéon…

Instruments bretons

L’évolution du hautbois en bombarde, au Moyen-Âge, s’est accompagnée d’un élargissement de l’instrumentation. Ainsi, en fonction des pays bretons (on appelle « pays » un espace en Bretagne géographiquement délimité, regroupant des caractéristiques propres en danses, musique, dialecte, costume et artisanat : le pays Fanch, le pays Plinn…) ces couples se sont transformés, remplaçant les instruments par d’autres, plus moderne, tels le violon, la vielle, l’accordéon, la trompette, le saxophone, la flûte ou la guitare…

Géographie de la musique bretonne

La fonction de ces sonneurs était identique à celle des chanteurs. Comme les autres, ils participaient à l’animation des fest-noz et fest-deiz, ils sonnaient aux pardons, aux foires, dans les fêtes religieuses. Leur fonction ne leur offrait que le privilège d’ouvrir les défilés de mariage, et aujourd’hui de faire résonner les manifestations bretonnes.

De célèbres couples de sonneurs ont contribué à la popularisation de la musique bretonne, tels le couple Baron Anneix, Henaff Roparz, et le duo Veillon Riou.

La chorale bretonne

Essentiellement religieuse et ecclésiastique, la chorale reste la voix de l’église. Accompagnant généralement les grandes messes princières, les chorales bretonnes disposent d’un vaste répertoire liturgique.

Il faut cependant attendre le début des années cinquante pour voir apparaître les premières chorales laïques, ou possédant un répertoire comprenant des thèmes profanes.

Les chanteurs de kan ha diskan

Le couple de kan ha diskan est la formation la plus répandue de ce répertoire. Les particularités du chant entraînant une rythmique entre les chanteurs donnent tout son sens au couple.

Kan ha Diskan

Cependant, les formations en trio se sont également imposées, notamment grâce aux Sœurs Goadec et aux Frères Morvan.

Des chorales de chanteurs interprètent également du kan ha diskan, c’est le cas des Chanteurs de Pluvigner, entre autre.

L origine du Collectage en Bretagne

« Sans le travail des collecteurs, depuis le XIX° siècle, la musique bretonne serait morte ! » Cette phrase, dont le sens semble évident, traduit également le contraire de ce qu’elle avance. En effet, s’il n’y avait eu de collecteurs, la musique bretonne nous serait parvenue dans son intégralité. Si la culture orale n’avait pas progressivement déclinée, les collecteurs n’auraient eu aucune place en Bretagne. Ce n’est que, parce que la transmission orale de la musique ne s’est plus faîte, que le rôle des collecteurs a pris tout son sens, depuis près de deux siècles maintenant.

La Musique Bretonne sous l'ancien régime
Le Revival Breton
Le Romantisme breton
Gwerz

C’est au moment de la révolution française qu’eu lieu le premier tremblement de terre culturel breton. L’avènement de la République, les changements profonds de société, les guerres et terreurs qui s’ensuivirent, jusqu’à Napoléon provoquèrent une rapide désaffection de la culture bretonne. L’industrialisation de la France (et non de la Bretagne) mit un terme à la transmission orale de cette langue et de ses moyens d’expressions. Les jeunes générations, s’en revenant de guerre n’éprouvaient plus les mêmes aspirations. L’industrialisation quant à elle modifia en profondeur le rapport de l’homme à la nature, détruisant toutes spontanéités populaires.

Les Formations à Geometrie Variable

Le premier revival a vu l’éclosion de nombreux groupes et musiciens de musique bretonne. Certains, par une nouvelle approche de la musique celtique ont dépassé les structures traditionnelles, afin de produire un nouveau son et de moderniser cette musique.

Le premier revival breton

C’est ce renouveau qui a conduit les formations bretonnes à s’étendre et se régénérer constamment. Jacques Pellen en est l’un des exemples les plus frappants, car chacun de ses disques présente une nouvelle composition d'instrumentistes.

Parmi ses formations, les plus célèbres restent celles d’Alan Stivell, de Dan ar Braz, Roland Becker, Yann-Fanch Kemener avec Barzaz, et Gwerz….

Le second revival a permis, par la fusion musicale, d’élargir la gamme des formations bretonnes et de moderniser à nouveau la musique bretonne.

Les premiers collecteurs

Voyant ce patrimoine décliner et progressivement disparaître, également imprégnés de romantisme (réaction intellectuelle à l’industrialisation, préconisant sur le modèle de Rousseau, le retour à la vie du bon sauvage, à la Nature, mère protectrice) quelques lettrés bretons vont parcourir la Bretagne à la recherche de thèmes traditionnels à collecter auprès des détenteurs de ce savoir paysan.

C’est ainsi que Théodore Hersart de la Villemarqué, François-Marie Luzel, Louis-Albert Bourgault-Ducoudray vont se lancer dans une entreprise culturelle, dont nous pouvons aujourd’hui apprécier l’existence. C’est à l’initiative du premier et de son fameux recueil du Barzaz Breiz que va naître un engouement formidable pour la matière bretonne, engouement récurrent, puisque le Moyen-Âge avait déjà connu son heure bretonne, avant qu’en 1690 ne sortent les poèmes d’Ossian relançant au passage la culture celtique.

La Musique Bretonne

Mais cette formidable recherche musicale, véritable encyclopédie de l’oralité locale, ne put échapper à la critique. Certains thèmes ainsi collectés furent arrangés, réécris, réorchestrés, afin de convenir aux besoins de l’époque, à la nécessité romantique, à la conception d’alors d’un monde breton directement issu de l’épopée gauloise (oubliant par la même la colonisation de l’Armorique par les bretons) ou d’essence celtique préchrétienne (selon l’Académie de Bretagne, la culture bretonne descendait en ligne droite de celle des celtes, bien que plusieurs siècles de rattachement à la France faisait de cette région un ensemble de moins en moins bretonnant). Comme ces fausses colonnades grecques ou ces ruines que l’on installait dans son jardin pour le vieillir, cet élan intellectuel participa dans un premier temps à la dénaturation de l’imaginaire breton. Etaient laissés de côtés les thèmes jugés trop populaires, trop récents ou incompris. De plus, certains collecteurs n’ayant aucune connaissance musicale oublièrent la transcription de la musique, permettant sa disparition, laissant des thèmes, aujourd’hui, orphelins de leur mélodie.

Le romantisme breton
La gwerz
Le sône
La musique bretonne sous l'ancien régime
Géographie de la musique bretonne

Ce travail entamé dès les années 1830 se poursuivit, en l’état durant un siècle, avec entre autre Maurice Duhamel et Loeiz Herrieu.

Les derniers collecteurs

Ce n'est qu'au lendemain de la seconde guerre mondiale et de la désaffection totale de la Bretagne pour sa culture, que la nécessité du collectage se fit sentir avec force. Mais ce n'est qu'au début des années soixante-dix, avec le renouveau breton que ce collectage repris toute sa puissance et son sens. En effet, durant cette décennie, de nombreuses voix s'éteignirent, emportant avec elles un patrimoine non transmis. Et cette jeune génération d'artistes bretons devenait la première non bretonnante, la première à n'avoir reçu en héritage ni la langue, ni la culture. Les nouveaux collecteurs eurent la bonne idée de recueillir ces chants avant qu'ils ne disparaissent à jamais. Et cette fois-ci, contrairement aux collecteurs des siècles passés, c'est avec une certaine honnêteté que ces derniers retranscrirent ce patrimoine unique et ancestrale.

Le Revival Breton
Le premier revival breton
Gwerz
Les Danses

La création en 1972 de l'association Dastum a été le moteur de cette redécouverte. Avec plus de 43.000 archives sonores, l'association, aujourd'hui, se pose en mémoire vivante de la Bretagne et permet aux jeunes générations de s'approprier l'univers des anciens.

Mais le collectage de la fin du XX° siècle, initié entre autre par Yann-Fanch Kemener, Erik Marchand et tant d'autres, eut un but différent du précédent. Nul romantisme ne vint la dénaturer, au contraire, cet engouement pour la transmission devait être immédiatement réapproprié et consumé. La collecte permettait l'ouverture du répertoire et offrait au collecteur (et chanteur) une nouvelle tribune artistique.

Les Fêtes
Les Formations
Géographie
Instruments

D'un autre côté, ce travail de collectage, aussi utile et merveilleux fut-il, ne pouvait cacher l'originalité de la musique bretonne, dont l'imaginaire a su se passer des collecteurs. Fidèle à sa tradition, les thèmes bretons qui ont survécu ne représentaient qu'une infime partie de l'ensemble. De tout temps, et surtout depuis l'avènement de l'imprimerie, les chansons se colportaient autant oralement que sur feuilles volantes vendues lors des foires. Et, afin que cette culture corresponde aux attentes de ses contemporains, bons nombres de thèmes subirent de profonds changements, tant pour leur sens que dans leur mélodie, d'autres furent abandonnés et enfin de nombreux thèmes remplacèrent définitivement d'autres jugés vieillots. S'agissait-il de pertes ou de gains ? Il est à déplorer la disparition de certaines chansons, sur un plan culturel et historique, mais l'essence même de l'oralité est de s'adapter en permanence à ses contemporains ou de disparaître.

La révolution industrielle de la seconde moitié du XX° siècle bouleversa tant nos sociétés, qu'elle mit un terme à l'oralité populaire. Aujourd'hui, la création devient d'elle-même archive, le patrimoine se réinvente chaque jour, sur ces ruines qui sont parvenues jusqu'à nous. Et c'est en ce sens que de nombreux artistes, tel Denez Prigent ou Yann-Fanch Kemener produisent et inventent de nouvelles gwerzioù, de nouveaux thèmes, afin tout simplement de poursuivre ce travail populaire et fondateur de l'identité culturelle bretonne. Les dépositaires de cette richesse du patrimoine breton, qui étaient l'avenir de la musique bretonne, ont désormais disparu, emportant avec eux leur savoir ancestral.

Geographie de la Bretagne

La Bretagne, si petite soit-elle s'est toujours constituée en pays, en régions dans la région. Cela tient en partie à son histoire, aux invasions, à la place de la langue bretonne, des luttes internes à ce peuple breton.

On peut distinguer dans la géographie de la Bretagne, les principales régions composant (grossièrement) son peuplement d'origine (armoricain), à savoir le Pays nantais, le vannetais, la Cornouaille, le Leon, le Tregor et la région de Rennes.

Chaque région se divise elle-même : basse et haute Cornouaille, bas et haut Leon, Tregor et Goello, bas et haut vannetais, Pays nantais, Pays de Retz...

La géographie de la musique de la danse et de la langue répondent à ces classifications et à ses répartitions qui remontent à la nuit des temps.

Geographie de la musique bretonne

En Bretagne, tout se classe par parroisse, par pays. Et la musique bretonne n'échappe pas à la règle !
Les instruments de musique bretonne se répartissent suivant différentes régions : Le couple biniou bombarde est représenté en Cornouaille, Pays Fanch, vannetais, et autour de Loudeac. La veuze se trouve essentiellement autour des marais nantais, la vielle voit ses espaces d'expression assez éloignés, autour de Morlaix, de Loudeac, dans le Penthièvre (entre Saint-Brieuc et Dinan). Le violon est très répandu dans le Tregor, le Goello, le Penthièvre, pays de Rennes et Pays de Nantes. Enfin la clarinette se concentre essentiellement en Centre Bretagne autour de Loudeac et en Basse Cornouaille dans le pays fouesnant et le Pays Bigouden.

Geographie de la Danse Bretonne

En Bretagne, tout se classe par parroisse, par pays. Et la danse bretonne n'échappe pas à la règle !

Les danses et les musiques à danser se répartissent également, mais d'une autre manière, multipliant ainsi les possibilités d'expression de la musique bretonne. La danse de Treguier, s'étend sur le pays de Treguier, de l'ouest de Morlaix à Guingamp. La danse Leon s'étend au sud du Haut Leon, soit entre Brest et Morlaix. La Gavotte, la danse la plus répandue s'étend sur la moitié sud de la Cornouaille ainsi que le bas vannetais. L'en dro et l'Hanter Dro restent cantonnés au vannetais, tandis que la danse plinn occupe la place entre Loudeac et Carhaix, en plein Centre Bretagne. Les ronds et passe-pieds entourent Loudéac, les tours et pilés-menu voient leur influence prendre à l'ouest de la Loire Atlantique, en plein Pays nantais, lorsque les ronds et ronds paludiers occupent le sud du département. Les branles quant à eux restent l'apanage des danses de Vendée.

Geographie de la Langue Bretonne

La Bretagne a toujours été une terre multilingue, cherchant par le multilinguisme à créer une dynamique culturelle.

Lorsque les celtes sont arrivés en Bretagne, ils ont imposé à leurs prédécesseurs leur langue, ceux-ci n'ont cependant pas cessé immédiatement d'utiliser la leur. Avec l'arrivée des Bretons de Grande-Bretagne, la langue bretonne s'est imposée suir l'armoricain, en quelques siècles.

Les origines de la Musique Bretonne

La langue bretonne a ensuite évolué, passant du haut breton, au moyen breton, au fil des générations. Avec les premiers dictionnaires bretons, la langue bretonne s'est instituée et réformée. Répartie en de nombreux dialectes, elle répondait à quatre appélations contrôlées : vannetais, cornouaillais, leonard et trégorrois.
A partir de 1950, la langue bretonne a connu une nouvelle révolution, pour s'imposer à une génération n'ayant plus la transmission orale habituelle pour perfectionner son langage. Le breton unifié et simplifié voit donc le jour. C'est ce breton dit KLT qui peine encore aujourd'hui à s'imposer aux bretonnants qui ne le reconnaissent pas.

Enfin, la langue bretonne n'est jamais parvenue à s'imposer sur l'ensemble de la péninsule. Au IX siècle, sa zone d'influence la plus large s'étendait de la Normandie à l'embouchure nord de la Loire, en coutournant Rennes par l'ouest. En 1886, cette ligne se déplaçait vers l'ouest, du nord de Saint-Brieuc à l'est de Vannes. Aujourd'hui, cette ligne s'enfonce un peu plus vers l'ouest, Vannes ne parle plus breton, si ce n'est dans sa lointaine périphérie.

Les Terroirs Bretons

Les différents pays bretons
Le pays Noir. C'est la région de Lannilis et Lesneven, Finistère, située en Leon.

Le pays Pagan. C'est la région de Plouguerneau-Kerlouan en Finistère.

Le pays Rouzig, capitale Châteaulin (Finistère).

Le pays Glazig, qui comprend 24 communes disséminées en un triangle dont le centre est Quimper, signifie «petit bleu», attestant que les hommes de ce terroir portaient au XIXème siècle un costume de drap bleu. Le pays Glazig s'étendait jusqu'aux Montagnes Noires et les rivières Jet et Odet.

Le pays Fouën entoure Loctudy.

Le pays Bigouden, au sud de la Cornouaille, est le pays qui a connu les plus grands débordements lors de la Révolte des Bonnets Rouges.

Le pays Melanik se situe autour de Rosporden.

L'Aven Duig se situe autour de Quimperlé.

Le pays Bidart est la région de Pleyben, Le Cloître-Pleyben, Lennon, en Finistère.

Le pays Dardoup. A l'est du précédent, avec pour frontière la rivière Goanez, le pays Dardoup couvre le nord du canton de Châteauneuf-du-Faou, Plonévez-du-Faou, Collorec. Certains commentateurs l’étendent même jusqu'aux portes de Gourin et Carhaix. Saint-Thois et Gouézec formeraient encore un pays à part.

Le pays des Américains désigne, toujours dans la même contrée, le canton de Gourin (56), la commune de Roudouallec (29) et quelques voisines d’où sont partis à partir de 1880 à destination des États-Unis et du Canada des milliers d'autochtones. Un bon nombre revient fortune faite ou non, vivre la retraite au pays natal. L'histoire de ces émigrants a été étudiée par Grégoire Le Clech, instituteur à Leuhan.

Les pays Fisel, Plinn et Fanch sont des pays à dénomination musicale pour les deux premiers, respectivement situés autour de Rostrenen, Bourbriac, Saint-Nicolas-du-Pélem. Alors qu'ils se ressemblent et se valent sur le plan des patrimoines géologique, géographique, historique, architectural et artistique ces trois pays se distinguent donc par leurs danses.

Le pays Pourlet se limite au canton de Guéméné sur Scorff en Morbihan.

Le pays des Moutons blancs est la région de Pontivy (Pondi) en Morbihan.

Le pays Bro Toul Speg ou pays du trou du pivert est le canton de Grandchamp en Morbihan.

Le pays Boïo, en Morbihan, est celui qui entoure Baud et Locminé.

Le pays Mitau compte quatre communes du Morbihan oriental : La Roche-Bernard, Nivillac, Saint-Dolay, Théhillac. Mitau vient d'une contraction de « milieu de eaux », la contrée se trouvant sur l'estuaire de la Vilaine dont la rive droite est sèche, la rive gauche marécageuse. Le pays Mitau se loge donc entre la Vilaine et la Brière. Ethnologiquement, ce pays morbihannais se rattache à la Loire-Atlantique.

Le pays des Sorciers s'étend en Morbihan, de Concoret et Loyat, jusqu'à Limerzel.

Les instruments de musique bretonne

Il existe dans la sphère celtique de très nombreuses variantes de cornemuses, dont certaines sont très recentes. La cornemuse tire son origine de la Chine d'où elle partit pour l'Occident en prenant la route de la Soie.


La bombarde, de la famille du haut-bois, est avec le biniou l'un des instruments emblématiques de Bretagne.

La bombarde au son puissant se subdivise en plusieurs instruments aux sonorités définies.


Les instruments à cordes dans la musique bretonne en Bretagne sont les principaux accompagnateurs de chanteurs et produisent une grande part des sons de musique à danser ou de fest-noz.


La harpe, harpe celtique et bardique, est l'instrument de la celtie par excellence, popularisée par les récits celtiques et de chevalerie.


L'orgue est également l'instrument de la musique religieuse, des cantiques, avec le piano, dont le côté pratique à suplanté l'orgue au fil des années.

La Cornemuse

La cornemuse est l'image 'incontournable' de la musique celtique. Cet instrument se compose d'une poche (qui, remplie d'air, permet de relayer le sonneur lors de ses prises d'air, mais aussi d'alimenter plusieurs tuyaux simultanément), de bourdons (tuyaux enrobant le son d'un fond sonore, ininterrompu et grave) et d'un chalumeau à trou, comparable aux autres instruments à vent.

Le Biniou-braz est l'appellation bretonne de la cornemuse écossaise. Il fut d'abord équipé d'un bourdon jusqu'à la fin du V° siècle, puis d'un deuxième bourdon, lorsque les Scots s'établirent en Ecosse. Instrument réconfortant les guerriers écossais dans leurs combats contre les anglais, le binioù-braz fut aussi appelé War Pipe. Cet instrument fut introduit en Bretagne, juste avant le XX° siècle. Patrick Molard est l'un des plus célèbres sonneurs de biniou-braz.

Le Binioù-Koz, est la cornemuse bretonne, importé avant sa cousine (-braz) est aussi appelé bihan, par sa petite taille (la plus petite des cornemuses). Il ne possède qu'un seul bourdon et son chalumeau est le plus petit de toutes les cornemuses. Le biniou koz est l'instrument de prédilection de Christian Anneix.

Le Uilleann Pipe est la version irlandaise de la cornemuse. C'est aussi le plus sophistiqué. Cet instrument est né vers 1590. La tessiture du Uilleann Pipe est la plus étendue, avec deux octaves et des clés permettant d'utiliser des demi-tons. L'ensemble des trois bourdons (basse, ténor et baryton) sont unis dans une même souche qui sort de la poche. Le soufflet s'actionne grâce au coude. Cet instrument se joue assis. Ronan le Bars reste l'un des sonneurs de uilleann pipe qui ont marqué le second revival breton.

La Veuze est une forme de cornemuse répandue en pays Nantais, au son moins puissant. Le Duo Bertrand est l'une des formations bretonnes qui utilise cet instrument.

La Bombarde

La bombarde est un instrument de fabrication assez simple, qui n'a pas connu beaucoup d'évolution en quelques siècles. Joué en Bretagne uniquement, elle fait partie de la famille des Hautbois, ayant un même type d'anche et une même technique de souffle. Il existe différents modèles de bombarde : en si bémol, sol ou la (avec une gamme à mi chemin entre le mode majeur et mineur) et en do. Provient de la Bombarde Médiévale, elle-même issue de la Chalémie. Un joueur de bombarde est un talabarder (pas un " bombardier " !). Jean Baron est l'un des plus sonneurs de bombarde les plus connus.

La Chalémie est un autre instrument à anche du Moyen-age, avec la Cornemuse.

L'anche du Cromorne, enfermée dans une capsule, n'est pas en contact avec les lèvres.

Les Instruments a Cordes

Les instruments à corde représentent une part importante de la musique bretonne, avec notamment le violon, qui souvent remplace les sonneurs traditionnels, mais aussi le violoncelle (avec le Duo kemener Ripoche, Arz Nevez)...

Parmi eux le mondoloncelle, la mandoline ont été rejoint dès le premier revival, sous l'influence des folks songs américaines et de la musique Country, par de nombreux instruments à corde tels la guitare, les basses, les contrebasses, le banjo, le dulcimer.

L'électrification des instruments à également donné à la musique bretonne ses joueurs de basses tels Alain Genty.

Enfin, sous l'impusion de Tri Yann, mais aussi de Gérard Lomenec'h, de nombreux instruments anciens font leur retour : le plasterion à archet, la viole...

Les flutes celtiques

La flûte irlandaise : Tin Whistle ou Penny Whistle son nom vient de son faible coût... Il s'agit d'une petite flûte de métal ayant généralement une embouchure en plastique.

Low Whistle : Flûte irlandaise basse de la famille du Tin-Whistle.

La flûte en bambou : Instrument primitif à 6 trous.

La flûte traversière en métal : Perfectionnement de la Flûte Traversière baroque qui était en bois.

La Harpe Celtique

Connue dès l'antiquité (3000 avant JC) la harpe est un instrument répandu sur la quasi-totalité de la terre. La harpe celtique est reconnaissable par sa taille. Relativement petite, on l'appuie sur l'épaule pour en jouer. Elle comprend 32 cordes métalliques. La harpe, supplantée dès 1600 par la cornemuse, a connu des temps difficiles. Les harpistes des pays soumis au Royaume-Uni, furent pourchassés et exterminés par la couronne.

Ce n'est qu'au XIX° siècle qu'un regain pour cet instrument en a permis un retour progressif. En 1966, Alan Stivell réintroduit la harpe dans tous les pays celtiques, mais aussi dans de nombreux pays européens, en faisant résonner à nouveau la harpe celtique, pour la première fois depuis 400 ans.On compte aujourd'hui de nombreux artistes de talents, Cécile Corbel, Christophe Sauniere, Kristen Nogues, Mariannig Larc'hantec.

La harpe bardique est une harpe très petite, possédant peu de cordes. On la tient dans ses mains, pour en jouer. Myrdhin est l'un des isntrumentistes de harpe bardique.

Bibliographie Bretonne

Les Principales Sources

Bibliographie des articles sur la musique bretonne

La Musique Bretonne

La Nouvelle Chanson Bretonne - Jacques VassalAlbin Michel – 1973

Musiques des Mondes Celtes – Jean-Pierre PichardEditions du Chêne – 2000

La Musique Bretonne – Roland Becker, Laure le GurunCoop Breizh – 1996

Carnets de Route – Yann-Fanch KemenerSkol Vreizh – 1996

La Légende du Roi Arthur – Jacques BoulengerTerre de Brume – 1999

Le Barzhaz Breizh – Théodore Hersart de la VillemarquéCoop Breizh – 1997

Aux Sources du Barzaz Breiz – Donatien LaurentArmen – 1989

Musique Bretonne - CollectifArmen – 1996

La Tradition Populaire de Danse en Basse-Bretagne – Jean-Michel GuilcherArmen, Coop Breizh - 1997

Traditions Populaires de Bretagne – Daniel GiraudonArmen – 2000

“Gousperoù ar Raned” ha Gouspered “Ar Rannoù” – Jean-Jacques BoidronDastum – 1993

Le Mouvement Folk en France (1964 – 1981) – Valérie RouvièreFAMDT – 2002 (Maîtrise d’Histoire Culturelle Contemporaine).

Plan
La Musique Bretonne

Jeremie Pierre JOUAN